
C’est dans les favelas de Sao Paulo au Brésil, sur le circuit vallonné d’Interlagos que va se jouer le titre de champion du monde de Formule 1 dimanche. Il ne reste plus que deux candidats pour le graal, Fernando Alonso et Sebastian Vettel, tous deux doubles champions du monde (en 2005 et 2006 pour l’Espagnol, en 2010 et 2011 pour l’Allemand).
Vettel favori
Si Red Bull a remporté son troisième titre constructeur consécutif à Austin lors du Grand Prix des Etats-Unis la semaine dernière, écrasant au passage Ferrari (440 points contre 367), tout peut encore arriver au Brésil, entre les deux meilleurs pilotes du paddock. Il faudrait toutefois un petit miracle pour qu’Alonso coiffe sur le poteau Vettel et ainsi empêcher l’Allemand, favori du grand argentier de la F1 Bernie Ecclestone, de devenir le plus jeune triple champion du monde de l’histoire. Titre qui pourrait être déjà quasi acquis pour Vettel, s’il n’avait pas eu un petit accrochage avec Narain Khartikeyan en Malaisie.
Remake de 2010
Pourtant, l’Espagnol y croit : « Nous nous rendons à Interlagos pour ce que nous avons visé tout au long de la saison » confie-t-il en conférence de presse. Tout en restant réaliste : « Ce n’est pas entre nos mains, nous n’avons pas grand-chose à perdre. Il n’y a pas de magie concernant ce que l’on peut faire sur la voiture en cinq jours. » Sans doute a-t-il retenu la leçon de la désillusion de 2010 où, favori, il avait laissé échapper le titre au trente-cinquième tour du dernier Grand Prix de la saison (Abou Dhabi) contre… Vettel.
La dynamique est assurément du côté de l’Allemand, vainqueur de quatre des six derniers Grands Prix. Quoi qu’il arrive, Alonso aura eu le mérite de lutter jusqu’au bout, avec une monoplace bien moins compétitive que Vettel, seulement plus fiable. C’est ce qui a fait dire à l’ancien pilote Olivier Panis qu’une dizaine de pilotes seraient capables de gagner des Grands Prix avec la Red Bull de Sebastian Vettel. Mais l’Allemand, lui, réfute ce constat.
L’importance des coéquipiers
Pour remporter le titre, nul doute qu’Alonso et Vettel devront compter sur leurs coéquipiers, Felipe Massa et Mark Webber. Les deux n’ont pas fait une grande saison mais ils auront leur importance dimanche, comme l’explique le brésilien : « C’est une course très spéciale pour moi, je vais essayer de m’imposer, en espérant que Fernando finisse deuxième et gagne ainsi le titre mondial, sans souci. » Ce serait alors sa première et unique victoire de la saison, lui qui a été pénalisé volontairement par Ferrari aux Etats-Unis pour favoriser Alonso, suscitant la polémique. Si Massa a réalisé une deuxième partie de saison plus conforme à son statut d’ancien vice-champion du monde, il est encore loin de son meilleur niveau, et ce depuis son grave accident en 2009.
Quant à Mark Webber, sans doute frustré de sa saison, il avait indiqué fin octobre qu’il ne comptait pas jouer le coéquipier modèle en fin de saison, ne voulant pas entendre parler de consigne d’équipe. Désormais hors course, il devrait se résoudre à tout faire pour que Vettel soit champion du monde passé le drapeau à damiers. Finir le Grand Prix, une obligation pour l’Allemand qui devra se méfier de son alternateur, qui l’a encore lâché à Austin. Ce dernier Grand Prix sera quoi qu’il arrive historique, puisqu’il mettra aussi un terme définitif à la fabuleuse carrière de Michael Schumacher et qu’il sera le dernier de Lewis Hamilton chez McLaren.
Le Grand Prix du Brésil, c’est ce dimanche à 17h00 !
Le tracé du circuit d’Interlagos (4,309km)
Christophe Napoli
