La petite trentaine, blonde, le visage doux et rêveur, Giedré est une chanteuse-humoriste qui décape. Elle joue la grande enfant pour mieux surprendre avec des chansons terriblement trash, au vocabulaire cru. Elle a sorti dernièrement son troisième opus, « Mon premier album genre panninni », dont certaines chansons ont déjà été chantées en concert. Comme L’amour en prison, dans laquelleelle raconte l’histoire d’une jeune femme qui reproche à son conjoint «de faire tomber la savonnette » exprès.
La presse nationale commence à parler d’elle : le quotidien Libération lui a même consacré sa fameuse ‘’der’’, comme on peut le voir sur le site internet de la chanteuse, totalement loufoque. Sa bio, totalement inventée et racontant les déboires d’une prostituée lituanienne arrivant en France, ne révèle de la sphère privée de la chanteuse que sa vraie nationalité. Tout ce qu’elle dit d’elle dans les médias, c’est d’être arrivée en France à sept ans, d’avoir beaucoup séché les cours, et de s’être lancée dans le théâtre avant la chanson.
Dédramatiser les travers de notre société
Giedré, à travers un style inédit qui peut rappeler les chansons les plus amusantes de Jacques Brel (les grossièretés en moins), n’hésite pas à rire de sujets parfois tabous ou délicats, comme le sexe et ses dérives, « les vieux » qu’on n’aime pas forcément, ou même la mort. Elle pointe du doigt nos pires instincts et se moque de nous pour permettre de relativiser, toujours en racontant à sa manière des anecdotes censées bien finir mais qui dérapent à chaque fois. D’où cette relation étrange qu’elle entretient avec son public. C’est l’amour vache en quelque sorte.
Alex Perasco
