
Mardi 11 juin, Paris. La Fédération française de judo organisait une conférence de presse. Elle y a annoncé la liste des judokas sélectionnés pour participer aux championnats du monde à Rio (du 26 août au 1er septembre). Teddy Riner y était et Buzzles aussi.
Ressentez-vous de la pression avant ces championnats du monde ? Il semblerait qu’on vous l’ait mise indirectement…
Pas particulièrement. A ce jour, j’ai tout gagné. Le seul titre qui me manquait c’était la médaille d’or olympique. Je l’ai eue l’année dernière donc depuis, la pression je l’ai mise de côté. De toute façon, j’ai clairement annoncé que mon objectif est de gagner le plus de médailles possible. Lorsque je vais me présenter pour ces championnats du monde à Rio, c’est vraiment pour aller chercher la plus belle des médailles. De plus, j’ai l’impression que l’histoire est déjà écrite : c’est là-bas que j’ai décroché mon premier titre en 2007. Maintenant, c’est à moi de me préparer en conséquence pour revenir avec cette jolie récompense. Je dois me mettre dans le rouge, faire ce qu’il faut pour revenir au top. Travailler encore et encore pour pouvoir battre les meilleurs.
Justement, où en êtes-vous physiquement ? Êtes-vous remis de votre blessure?
Je ne me suis pas entrainé depuis le mois de novembre. Dans ma tête ça commence à faire ding ding dong (rires). Je multiplie les examens médicaux, je commence à être un peu inquiet. C’est déjà la deuxième fois que cela m’arrive avant un championnat du monde. Pour un sportif comme moi qui aime s’entrainer, qui aime la compétition, qui aime avoir du kimono dans les mains, c’est embêtant. Je ne sais même plus faire une technique, ça s’oublie vite ce genre de choses. Quand je vois mes camarades s’entraîner quotidiennement, je me rends compte que j’ai perdu mes sensations. J’attends le feu vert du médecin mais oui, l’inquiétude est là. J’espère être de retour d’ici deux semaines maximum.
Aujourd’hui, Teddy Riner écrase la concurrence. La motivation est-elle restée intacte?
C’est sûr que les médailles parlent d’elles-mêmes. Mais vous savez quand on perd, on se fait critiquer et quand on gagne trop, on se fait critiquer (rires). Je ne me repose pas sur mes lauriers. Les adversaires sont là et ils veulent tous me battre. Je me demande toujours sur quels détails je pourrais faire la différence. J’étudie leurs manières de combattre pour pouvoir me préparer en conséquence. Je travaille aussi de nouvelles techniques afin de créer la surprise. Comme je vous l’ai dit, la concurrence est là. Simplement, je suis quelqu’un d’orgueilleux et je déteste la défaite. Quand je monte sur le tatami, c’est pour manger mes adversaires. Maintenant, l’entraîneur est bien gentil mais si je dois gagner avec un yuko ou un shido (Un yuko et un shido représentent le plus mince des avantages lors d’une compétition, ndlr), je ne m’en priverai pas (il sourit). C’est le haut niveau qui veut ça…
Propos recueillis par Hassen Gallah
