Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls est venu passer l’après-midi en Ardèche, vendredi 5 juillet dernier. Ce même jour, à Valence, préfecture du département voisin la Drôme, le syndicat Unité police SGP-FO (premier syndicat de gardiens de la paix) a vivement dénoncé des «dérives de la course aux chiffres» pour arrêter des étrangers en situation irrégulière.

Dans un tract intitulé «Un « Vent printanier » souffle sur Valence», distribué dans le commissariat de la ville, le syndicat met en lumière «une chasse à l’ESI», des « rafles » organisées pour des raisons statistiques de mauvais résultats en matière d’étrangers en situations irrégulières. «Il est demandé aux forces de police (…) de « ramener » un quota d’étrangers reconductibles, si possible parlant français pour éviter de longues procédures et ainsi rentabiliser l’opération». L’Unité police SGP-FO, « écœurée », demande que cette pratique soit «stoppée sans délai». Le préfet de la Drôme a démenti «toute existence d’objectifs chiffrés concernant la lutte contre l’immigration clandestine». La préfecture a déploré par communiqué «un tract inadmissible.»

Le ministre comme chez lui en Ardèche
Manuel Valls, à Aubenas (07), a répondu qu’«il n’y a pas de politique du chiffre, ni en matière de sécurité, ni en matière de personnes en situation irrégulière, mais il y a des résultats à obtenir». Il a ajouté que «les policiers et les gendarmes doivent aller jusqu’au bout de leurs missions. Les personnes en situation irrégulière qui n’ont rien à faire sur le territoire doivent être reconduites avec humanité et fermeté.»

Le ministre de l’Intérieur a aussi vu son parcours quelque peu chahuté par une trentaine de manifestants de la Manif pour Tous. Ceux-ci, rassemblés devant la nouvelle caserne de pompiers du Teil (07) ont scandé des « Libertés pour Nicolas, prisonnier politique », en référence à Nicolas Bernard-Busse, étudiant parisien de 23 ans et militant de la Manif pour tous condamné à quatre mois de prison pour «rebellion» envers les forces de l’ordre. Le ministre a refusé de s’exprimer sur l’événement, mais a assuré que chacun a le droit de manifester comme il l’entend, et que maintenant que la loi est passée, elle est appliquée normalement.
Manuel Valls a ensuite inauguré le commissariat de police d’Aubenas (07) suivant son programme, avant de découvrir la nouvelle gendarmerie et la nouvelle caserne du Teil (07).
Nathan Gourdol
