RESF : le silence qui parle

Vingt. C’est le nombre de membres du Réseau éducation sans frontières (RESF) qui ont participé ce matin à un cercle de silence à proximité de la médiathèque de Mouans-Sartoux. La veille, ils étaient une trentaine et ont pu échanger avec la ministre de la Justice Christiane Taubira, qui inaugurait le Festival du Livre. La rédaction de Buzzles a rencontré l’une des membres du réseau à l’issue du cercle de silence. Entretien avec Marcelle Monzeglio, élue d’opposition à Grasse.

Deux banderoles ont été déployées et des tracts distribués devant la médiathèque de Mouans-Sartoux.
Deux banderoles ont été déployées et des tracts distribués devant la médiathèque de Mouans-Sartoux. (Crédit photo: Simon Hue).

Quel message souhaitez-vous véhiculer via ces cercles de silence ?

La démarche des cercles de silence, c’est de représenter par le silence – mais aussi la posture et les masques – les familles, les enfants, les adolescents mineurs qui vivent sur notre territoire et qui n’ont pas d’existence légale, qui n’ont pas droit non plus à la parole.

Est-ce la première fois que RESF fait le déplacement à Mouans-Sartoux ?

Non, nous venons pour la quatrième année à Mouans-Sartoux. Nous tenons d’ailleurs un stand durant le Festival du Livre.

Quel public est visé par ce cercle de silence ?

Tout le monde. Tout le monde doit se sentir sensibilisé à cette question, et doit arriver à comprendre que les étrangers, les immigrés, sont des humains comme nous.

Les élus se sentent-ils concernés par ce message ?

Certains se sentent concernés. Nous faisons le maximum pour que les élus se rendent compte que l’un de leur travail, c’est de protéger les populations. Ce qui est très grave, c’est l’absence de libre circulation à travers le monde, alors qu’il y a des gens en danger, des personnes qui meurent de faim. Au nom de quoi on les empêcherait d’essayer d’avoir une autre vie ou d’appeler au secours !

Quand est né Réseau éducation sans frontières ?

C’est un réseau qui s’est créé il y a un peu plus de dix ans lorsqu’il y a eu les premières arrestations aux abords des écoles. J’en fais partie depuis le début.

En dehors des cercles de silence, quelles sont vos actions ?

On fait beaucoup de suivi, notamment en parrainant des enfants de familles sans papiers, des jeunes mineurs qui sont au lycée par exemple, font des études, et qui, dès qu’ils deviennent majeurs peuvent être expulsés. C’est vraiment mettre en l’air des vies…

Propos recueillis par Simon Hue et Jérôme Morin

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