Le concert «Black» d’Indochine

Après quinze dates dans toute la France, Indochine est passé par Nice jeudi dernier à l’occasion de sa tournée « Black City Tour 2 ». Le dernier album du groupe français, « Black City Parade », cartonne. De quoi voir grand pour cette tournée : toile de 360° au dessus de la fosse, ballons géants dans le public et autres confettis. Le groupe revient après un silence discographique de trois ans depuis le « Meteor Tour ». Pendant près de deux heures, le groupe de Nicola Sirkis a fait vibrer le Palais Nikaia.

Un show à 360°

Une scène noire, avec une toile géante au fond. « Trashmen » est lancée, sorte de pré-intro au milieu de cette scène déserte, suivie par « Black Ouverture » et « Black City Parade ». Parallèlement, Nicola Sirkis, Mr. Marco (basse), Boris Jardel (guitare), Oli de Sat (guitare), Mr. Shoes (batterie), Matu (claviers) entrent en scène. Pas de doute, le Nicola Sirkis ovationné par tous les fans est en forme. A 54 ans, le chanteur vêtu de noir oscille entre pas de danses, sauts sur scène, et bain de foule dans les gradins. Les canons à confettis explosent sur « Traffic Girl », où Sirkis en profite pour toucher les mains des spectateurs sur l’avancée de la scène.

Nicola Sirkis, saluant ses fans pendant "Traffic Girl" (Photo : Juliette Redivo)
Nicola Sirkis, saluant ses fans pendant « Traffic Girl » (Photo : Juliette Redivo)

Puis c’est la surprise : la toile géante du fond se déploie pour encercler la fosse du dessus. Des vidéos y sont projetées, au trouble des spectateurs. On y découvre le corps d’une danseuse étoile d’un blanc presque immaculé sur « Wuppertal ». Puis des paysages sombres, créant une opposition clair-obscur spectaculaire et bouleversante.

Une toile en action surnommée « Le Serpent » par les fans, comme à Amnéville ici le 12 octobre :

Un spectacle bouleversant, à l’image de la setlist de ce soir : nouveaux et anciens morceaux se mélangent parfaitement. Entouré de ses cinq musiciens, Nicola Sirkis, voix légèrement cassée, enchaîne « J’ai Demandé à La Lune » et « Tes Yeux Noirs ». La pression monte et le public, qui ne remplit pas entièrement le Nikaia, s’égosille : « C’est magique d’être accueillit comme ça, merci beaucoup !», leur répond la star émue.

Nicola Sirkis a même remercié le public en allant dans les gradins (Photo : Juliette Redivo)
Nicola Sirkis a même remercié le public en allant dans les gradins (Photo : Juliette Redivo)

L’apologie de la différence

Puis la scène s’éteint. Un discours homophobe est lancé dans les haut-parleurs géants, sous les hués du public : « Deux hommes adoptent un enfant, imaginez l’un d’eux abuse de l’enfant. Ils sont malades de la tête ! Bah oui ils ont besoin de toucher, ces gens-là doivent être enfermés à per-pé-tui-té ! » Une voix douce et dramatique qui n’est autre que celle de Christine Boutin. Nicola Sirkis ferme les yeux. Il attrape sa guitare acoustique et débute « College Boy ». Un message profond sur la tolérance, qui semble aussi important pour les fans que pour son groupe.

En début d'année au micro de RTL, Sirkis s'est prononcé en faveur du mariage gay. (Photo : Juliette Redivo)
En début d’année sur RTL, Sirkis s’était prononcé pour le mariage pour tous. (Juliette Redivo)

Depuis près de trente ans, Indochine entretient un lien fort avec son public. Nouvelle preuve ce soir avec le Black City Club : Sirkis fait chanter le public, visiblement ravi de l’accompagner. Sept morceaux y sont remixés de manière plus métallique et techno, dont « Trashmen », « Canary Bay «  Paradize » et « 3e Sexe », dédiée « à tous les garçons qui aiment les garçons, et à toutes les filles qui aiment les filles ! », s’enthousiasme le chanteur. 

La série de rappels est à la fois planante et entraînante, avec « 3 Nuits par Semaine », « The Lovers » ou « L’Aventurier ». Tout ça entre des confettis, des ballons géants colorés, puis du feu et de la fumée sur scène. Sans doute la plus grande tournée  d’Indochine. Alors rien de mieux qu’un final au Stade de France, déjà complet, le 27 juin !

Découvrez les meilleurs moments du concert en images :

Juliette Redivo

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