Alors que moins de 5% des Français se rendent au travail à vélo, le gouvernement veut développer la pratique en annonçant des mesures concrètes.
L’indemnisation kilométrique pour les trajets à vélo
Mercredi 5 mars, le gouvernement a présenté son « plan national vélo », qui fait suite au rapport interministériel pour le développement de l’usage du vélo. 25 mesures ont été annoncées par le Ministre des Transports Frédéric Cuvillier, dont la mise en place d’une « indemnité kilométrique vélo ». Comme pour les déplacements en voiture, les trajets maison-travail effectués à vélo pourront être indemnisés. Le ministère des Transports recommande 25 centimes par kilomètre parcouru mais les employeurs volontaires resteront libres de donner moins. Cette mesure n’est pas encore obligatoire mais elle est très avantageuse car l’employeur ne paye ni charge ni impôt sur cette indemnité. Sachant qu’en moyenne, un salarié-cycliste ne parcourt que quelques kilomètres entre son domicile et son lieu de travail, le prix versé par l’employeur ne sera jamais très élevé. Par exemple pour 10km par jour à 20 centimes le kilomètre, vous bénéficiez d’une quarantaine d’euros par mois, soit plus de 400 euros par an.
L’indemnisation kilométrique devrait donc encourager les salariés à prendre le vélo et non la voiture en ville : une décision écologique et économique pour les usagers. En utilisant son vélo plutôt que les transports en commun, le salarié est censé être efficace dans son travail car il est plus détendu, moins stressé par les embouteillages ou par les transports en commun bondés.

Une pétition existe sur le net depuis plusieurs semaines pour réclamer un remboursement obligatoire à 25 centimes le kilomètre. Elle a déjà réuni plus de 4 000 personnes. Selon les militants, mettre en place une indemnité kilométrique permettrait, à terme, une hausse de 50% de la pratique du vélo.
De nouvelles mesures bientôt mises en place
D’autres mesures ont été révélées par le Ministre des Transports, notamment l’augmentation des places de vélo devant les gares et la création obligatoire de parkings réservés devant les entreprises, la possibilité pour les communes de limiter la vitesse à 30 km/h au lieu de 50 km/h, ou encore l’augmentation des amendes lorsqu’une voiture se gare sur une piste cyclable (passage de « stationnement gênant » – 35 euros – à « stationnement dangereux » – 135 euros-). Des mesures pourraient également modifier le code de la route. Par exemple en transformant les feux rouges en « cédez-le-passage » pour éviter aux cyclistes de mettre le pied à terre, ou encore en permettant aux voitures de franchir une ligne blanche pour dépasser les cyclistes.

Et ailleurs, quelles mesures incitatives ?
Les Pays-Bas, l’Allemagne et la Belgique ont déjà adopté ce dispositif d’indemnisation. Certaines entreprises allemandes prévoient même, chaque année, des révisions gratuites pour les vélos des employés. Aux Etats-Unis aussi, la promotion des modes de déplacement alternatifs prend de l’ampleur, avec des publicités ou des vidéos (ci-dessous) créées notamment par des associations de santé.
A Copenhague, le nombre de vélos est supérieur à celui des habitants, et l’agglomération compte près de 400 kilomètres de pistes cyclables, empruntées chaque jour par plus de 40 000 cyclistes. 50% des habitants de Copenhague se rendent sur leur lieu de travail ou à l’école à vélo, 63 % des députés se rendent chaque jour à vélo au Parlement qui est situé dans le centre de la capitale danoise.

Raphaëlle Daloz

A mon sens les champions toutes catégories en la matière sont les Pays-Bas. Mais ils ont fait les investissements nécessaires depuis des décennies : un vrai réseau de pistes cyclables, éclairées la nuit, sur la totalité du pays, et même des parkings gardés, parfois à étages ! Ils ont même développé une carte de transport rechargeable qui permet de payer indifféremment tous les modes (trains, taxi, location de vélos, parking autos, parking vélos. Et puis ils ont aménagé leur code de la route. Un piéton est prioritaire sur un cycliste, lui même prioritaire sur les voitures. Pour nous français, ça dépayse et parfois donne des sueurs froides !
Il y aurait à s’inspirer de ces différentes politiques.
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