Pour eux, l’Ecosse aurait dû être indépendante

Buzzles a contacté via les réseaux sociaux deux Britanniques qui étaient en faveur de l’indépendance de l’Ecosse. Ils expliquent pourquoi.

« J’ai voté pour l’indépendance de l’Ecosse » confie Gregor Power. Vivant actuellement à Edimbourg, ce jeune cuisinier y a vu nombre de personnes manifestant pour l’indépendance. La croix de St Andrews flottait partout sur les drapeaux hissés par les nationalistes. Pourtant, Edimbourg n’a réuni que 38,90 % de ‘oui’, contrairement à Glasgow, la plus grande ville d’Ecosse (53 %). « J’aurais aimé être un Glaswégien plutôt ! » ironise Gregor, terriblement déçu. En tout cas, le référendum du 18 septembre s’est conclu par 55,42 % de non à l’indépendance.

 

Les partisans du oui étaient nombreux à manifester en Ecosse (crédit : D.R.)
Les partisans du oui étaient nombreux à manifester en Ecosse (crédit : D.R.)

Gregor est très fier de son pays et de sa culture. Il est intimement convaincu que l’Ecosse aurait pu s’en sortir en tant que pays indépendant, comme avant 1707. « Nos industries peuvent prospérer en Europe et à l’international ; ici, nous avons le pétrole, le tourisme et le whisky », affirme-t-il. Et d’ajouter : « le Royaume-Uni n’est plus bénéfique pour nous, l’Ecosse est à part ». D’ailleurs, Gregor n’hésite pas à critiquer les décisions de Londres. En effet, selon lui, le Royaume-Uni est corrompu ; les hommes politiques auraient aussi menti à propos de la guerre en Irak, étouffé des affaires d’accusations de maltraitance d’enfants et entre autres, condamné à tort des personnes pour des crimes que l’IRA (armée républicaine irlandaise) avait commis.

Les Ecossais pro-indépendantistes revendiquaient leur propre culture (crédit : Getty images)
Les Ecossais pro-indépendantistes revendiquaient leur propre culture (crédit : Getty images)

« Avec ou sans eux, ce sera pareil »

De l’autre côté de la frontière, Charlie Miller est tout aussi catégorique. Cet Anglais de 21 ans était favorable à l’indépendance. « Avec ou sans eux, ce sera pareil » lance-t-il. Charlie pense d’ailleurs que le pays peut prospérer, mais pas dans un laps de temps si court et avec l’économie actuelle : « je sais que le taux de chômage est élevé et les possibilités d’évoluer faibles. » En revanche, si un jour l’Ecosse redevient indépendante, et qu’elle échoue, pas question de « revenir en rampant demander de l’aide au Royaume-Uni » ! Alors quand on demande la différence qu’il y a entre Anglais et Ecossais, Gregor Power répond : « la même qu’entre Français et Allemands », de quoi former un royaume presque uni …

 

Camille Degano

2 réflexions sur “Pour eux, l’Ecosse aurait dû être indépendante

  1. Il est vrai que longtemps, Angleterre et Ecosse, ce fut chien et chat. D’ailleurs à l’époque, la France soutenait directement l’Ecosse, via la vieille alliance, contre la « perfide albion ».
    Aujourd’hui, même si l’idée de la petite Ecosse indépendante est plutôt sympathique, reconnaissons que ce n’est pas dans l’ « air du temps ». Les Entreprises, les Etats, l’Europe s’élargissent, pour gagner des tailles supérieures. Est-ce un bien? Pas sûr! l’avenir le dira.
    Votre article est intéressant car il montre toutefois l’espoir soulevé chez certains par ce scrutin, et bien sur par conséquence leur déception. Mais les Ecossais se sont prononcés, dont acte. En espérant que la déception des Ecossais pourra se transformer et devenir un atout dans une Ecosse avec pouvoirs élargis.

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  2. Merci ! Oui bien sûr il y avait plusieurs arguments des deux côtés mais quand j’ai demandé à Gregor Power ce qu’il pensait du résultat, il est certes déçu mais m’a dit qu’il n’y aurait pas de manifestation de la part des pro-indépendantistes, par principe de démocratie. Mais c’est sûr qu’avoir des pouvoirs plus élargis est déjà un début.

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