« Power To Gas », l’énergie de l’avenir ?

Stocker le surplus d’énergie électrique produit pour le réutiliser sous forme gazeuse, c’est le nouveau projet français « Power To Gas » imaginé et présenté par GRTGaz au salon « Les Ecoterritoriales ». Explications.

Le salon des Ecoterritoriales souhaite informer localement des nouvelles initiatives liées au développement durable. Crédit photo : ecoterritoriales.fr
Le salon des Ecoterritoriales souhaite informer localement des nouvelles initiatives liées au développement durable. Crédit photo : ecoterritoriales.fr

 

A quelques mois du sommet mondial contre le réchauffement climatique (la COP21) qui se déroulera à Paris en décembre, la 7e édition du salon « Les Ecoterritoriales » se tenait les 28 et 29 avril au Parc expo Chorus à Vannes. Du projet lycéen à l’association utilitaire en passant par les conseillers régionaux, des dizaines d’exposants et intervenants représentaient des secteurs diversifiés. L’objectif ? Informer et échanger avec les visiteurs sur les politiques globales et locales en matière d’environnement. Cette septième édition se penchait sur le thème : « transitions énergétiques et écologiques : cinq ans pour agir concrètement ».

 Le « Power To Gas » a suscité l’intérêt du salon en tant que nouvelle alternative écologique. Le projet est une « nouvelle façon de penser les énergies renouvelables », présente Sylvain Lemelletier, directeur du projet à GRTGaz, le principal gestionnaire du réseau de transport de gaz en France.

 La technologie du « Power To Gas » vise à convertir de l’électricité en gaz combustible, c’est-à-dire en hydrogène ou en méthane, afin de l’injecter dans un réseau gazier qui offre des capacités de stockage dont ne dispose pas le système électrique. La conversion de l’électricité en hydrogène est réalisée par électrolyse. Ensuite, l’hydrogène peut soit être injecté tel quel dans le réseau gazier, soit être converti en méthane grâce à un apport de CO2 et à la technologie de la méthanation.

Une vidéo pour mieux comprendre le « Power To Gas » en trois minutes :

Un modèle économique en construction

« Veiller à ce que chaque énergie trouve sa place dans la transition énergétique ». A Vannes, la conférence de présentation du « Power To Gas » a attiré une vingtaine de curieux. Si le projet de GRTGaz peut paraître irréaliste car encore présenté sur maquette, Sylvain Lemelletier argumente : « lAllemagne la déjà expérimenté. Pour linstant, il est peu viable économiquement mais il faut du temps pour obtenir les accords, les subventions et les premiers résultats dune révolution énergétique ».

Le porteur du projet et son équipe de cinq personnes aspirent à un réseau d’énergies interconnectées, un procédé qui n’existe pas encore en France. « Ici on y réfléchit. Jai donc lancé une étude sur le « Power to Gas ». On est encore au stade des réajustements et des maquettes miniatures, explique Sylvain Lemelletier. Mais le but, cest de pouvoir monter un jour un démonstrateur en France, pouvoir le montrer aux politiques », et avoir un jour le feu vert comme en Allemagne. Actuellement, une ville est à l’étude pour mettre en place ces installations : Fos-sur-Mer, près de Marseille. Le budget ? « 16 millions deuros minimum », dont une partie serait financée par la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le fonds européen de développement régional (FEDER) et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME).

Pour Sylvain Lemetellier, il faut laisser le temps au « Power To Gas » de se mettre en place. Crédit photo : Lucile Moy
Pour Sylvain Lemelletier, il faut laisser le temps au « Power To Gas » de se mettre en place. Crédit photo : Lucile Moy

« Ce projet français, ce ne sera pas avant 2018 ». « On doit tout envisager dans nos études, si on sengage cest pour 35-40 ans. On veut donc prendre le temps pour ne pas faire derreurs de calcul même si je pense que dans 10 ans, on en parlera davantage », affirme Sylvain Lemelletier.

 Si le prototype du « Power To Gas » ne semble pas encore abouti au niveau économique, à Dunkerque, un projet similaire nommé GRHYD est porté par un autre groupe.

Alors que la France s’est fixée pour objectif de produire 23% de sa production en énergies renouvelables pour 2020, le « Power To Gas » pourrait être la solution pour stocker et capter l’énergie électrique. Tandis qu’en Allemagne on estime que le surplus de la production électrique aura lieu en 2022, la France calcule aux environs de 2030. Le « Power To Gas » forcerait les acteurs à produire localement et à soutenir les réseaux électriques d’une nouvelle manière. Mais, à l’image du modèle électrique prôné par nombre de pays occidentaux, nul doute que l’arrivée du gaz sur le marché ferait ressortir les anciens démons, tels que la tragédie de Bhopal, en Inde, en 1984.

 

Lucile Moy

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