Le nombre d’élèves scolarisés en structures privées augmente progressivement depuis plusieurs années, particulièrement dans les collèges. En grande majorité catholiques, ces établissements sont en pleine expansion.
Les écoliers prennent de plus en plus le chemin des collèges privés. Cette année, ils sont 6 400 en plus à s’asseoir sur les bancs de ces établissements, ce qui représente une hausse de 0.9%. Du côté des collèges publics en revanche, il y aura 9 900 élèves de moins par rapport à l’année dernière, soit une baisse de 0.4% selon les statisticiens du ministère de l’éducation nationale.

La démographie comme facteur principal
Malgré tout, ces résultats sont à prendre avec distance. Cette année, près de 79% des élèves sont scolarisés en collège public, c’est 1% de moins qu’il y a 10 ans. Les établissements privés, eux, affichent une légère hausse mais les experts ne considèrent pas qu’il s’agisse d’une augmentation « significative ».

« Je crois plutôt à un effet démographique, variable selon les territoires, et à un certain attrait de nos établissements. » expliquait Pascal Balmand, secrétaire général de l’enseignement catholique, au journal Le Monde. Cette variation s’apparenterait donc davantage à un phénomène déjà observé au cours de l’histoire. Elle ne modifie pas fondamentalement l’équilibre observé depuis des dizaines d’années : 80% d’élèves dans le public et 20% dans le privé.
Des conséquences sur les infrastructures
Cet accroissement du nombre d’élèves n’est pas sans répercussion. Premier changement : l’effectif des classes au collège.

Pour l’ancien recteur Bernard Toulemonde, fin connaisseur du privé, ce regain d’intérêt est dû à une défiance des parents vis-à-vis des établissements publics : « on vient [dans les structures privées] avec l’espoir que les enfants y sont plus protégés, mieux encadrés, moins concernés par les absences d’enseignants ». Et les résultats sont là. Depuis quelques années, le nombre d’établissements privés se multiplient.

« Attention aux effets yoyo, rien ne dit qu’on ne sera pas dans une phase descendante l’an prochain », prévient Christian Chevalier, du Syndicat des enseignants-UNSA interrogé par le journal Le Monde. Les effectifs dans les établissements scolaires ont toujours varié, dans le public comme dans le privé.
Solenne Barlot
Margot Desmas
