
« Le pays des hommes libres »
Depuis la fin de l’année 2013, le “pays du sourire” porte mal son nom. Ou peut-être s’agit-il du yin haeng, ce sourire sec, presque forcé, qui compte parmi les 18 sourires officiels répertoriés par le dictionnaire de l’Institut royal thaïlandais. La Thaïlande, qui signifie « le pays des hommes libres » a en effet traversé de 2013 à 2014 une crise majeure caractérisée par une importante contestation à l’encontre du gouvernement qui, après un bilan officiel de 28 morts et près de 1000 blessés, s’est soldée par un coup d’État militaire et une installation au pouvoir durable d’une junte autoritaire et liberticide. Dix ans plus tard, le constat demeure alarmant : entre 2020 et 2022, le Thaï Lawyer for Human Rights, groupe d’avocats défenseurs des droits de l’homme formé après le coup d’État, a recensé 201 personnes ayant été arrêtées pour “crime de lèse-majesté”, autrement dit pour diffamation envers la monarchie.
Une nécessaire protection des sources
C’est dans ce contexte que nombreux de nos interlocuteurs ont souhaité témoigner sous couvert d’anonymat, par peur d’éventuelles répercussions. A la demande de certains d’entre eux, nous avons dû échanger via des messageries cryptées comme le service Signal, de manière à échapper à la surveillance des autorités thaïlandaises. D’autres nous ont confié préférer rester silencieux en cette période d’élections législatives qui se dérouleront le 14 mai prochain.
C’est donc une Thaïlande moins idéaliste que réaliste, loin de sa représentation par les clichés touristiques qui n’envisagent que ses plages de rêve, son excellente gastronomie et son folklore coloré, que nous allons présenter.
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https://ejc.shorthandstories.com/rig-2023-thailande/index.html
Noah Bergot • Jeanne Bienvenu • Océane Boisseleau • Baptiste Bozon • Valentine Brevet • Victor Letisse – – Pillon
