[RCC] « Daniel Prévost est très ancré dans l’imaginaire populaire »

À l’occasion des Rencontres cinématographiques de Cannes (RCC) 2023, Julien Camy, réalisateur, a présenté en avant-première son documentaire Bande de ringards, consacré à Daniel Prévost, au cinéma les Arcades. L’acteur était là pour rencontrer le public et discuter du film, par ailleurs diffusé ce samedi 2 décembre sur Paris Première

Thierry Frémaux notamment délégué général du Festival de Cannes, Daniel Prévost et Julien Camy. Le 13 octobre au Festival Lumière à Lyon. Photo DR Sandrine Thesillat

Quel rapport entretient Daniel Prévost avec les RCC ? 

« Daniel peut paraître individualiste, mais il est très famille. Il vient aux RCC depuis des années parce qu’il s’y sent bien et qu’il sent qu’il fait partie d’une famille. Il y partage des valeurs humaines et cinématographiques. »

Comment est venue l’idée de collaborer avec votre père, Gérard Camy, président de Cannes Cinéma ?

« On collabore avec mon père depuis longtemps : on a déjà écrit deux livres ensemble. On s’est rendu compte qu’il n’y avait pas encore eu de documentaire sur Daniel. Pourtant, c’est soixante ans d’histoire à la télévision, une centaine de films, une vingtaine de livres et une quarantaine de pièces de théâtre. C’est un des personnages essentiels du paysage audiovisuel français de ces soixante dernières années. Et, il se trouve que mon père le connaissait personnellement via les RCC. Daniel était dans un climat de confiance pour le documentaire. »

Qu’est-ce que Daniel représente pour vous ? 

« Ce grain de folie qu’il ne faut jamais oublier d’avoir et qui nous oblige toujours à ne pas nous prendre au sérieux. Il a cette capacité de déconner en toutes occasions, mais avec toujours un grand respect. D’ailleurs, j’ai choisi ce titre parce que c’est une insulte que Daniel fait très souvent. Il arrive dans une salle de cinéma ou dans une réunion avec pleins de gens et il dit : “C’est qui tous ces ringards ?” en les pointant du doigt ! »

Pourquoi avoir choisi de faire un documentaire ? 

« Le documentaire est une matière vivante parce que le film se construit pendant le tournage et jusqu’au montage. C’est très différent de la fiction. On est obligé d’improviser et de s’adapter. À la fin, le film ne ressemble pas du tout au projet qu’on avait au départ. L’avantage, c’est qu’on peut avoir des interviews de personnes qui racontent et analysent, comme José Garcia et Édouard Baer qui expliquent que Daniel a été essentiel dans leur construction d’humoriste et d’acteur. En regardant le documentaire, on projette notre rapport à la réalité de ce qu’on connaît ou de ce qu’on découvre de Daniel Prévost. J’ai d’ailleurs trois autres projets de documentaire en cours sur la musique et le sport et un court métrage de fiction. Mais, je dois convaincre des financeurs… C’est le nerf de la guerre ! »

Avez-vous des anecdotes de tournage ?

« Il y a une scène de transition où Daniel passe d’un restaurant de la place Saint-Honoré à Paris à la plage de Cannes-la-Bocca. C’est un petit clin d’œil à mes origines cannoises et à son lien avec la Méditerranée parce qu’il est d’origine kabyle. On a aussi fait un micro-trottoir et c’était assez drôle parce que tout le monde connaissait Daniel. Il est encore très ancré dans l’imaginaire populaire des gens. »

Vous êtes originaire de Cannes. Est-ce une fierté pour vous de présenter votre film à Cannes ? 

« Ça me fait très plaisir de voir mon film projeté dans une salle de cinéma où j’allais quand j’étais jeune. Ma famille et mes amis d’enfance pourront être présents, ça compte beaucoup pour moi. »

                                                                                                                  Propos recueillis par 
Laura KHIL & Romane PASSET

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