[RCC] Le mal-être des jeunes à travers l’histoire du cinéma

Comment le cinéma représente l’égarement, le désarroi, les inquiétudes des plus jeunes ? Tel est le thème de la masterclass “Générations désenchantées : comment le cinéma s’est nourri du mal-être de la jeunesse”, que Louis Blanchot a animé devant des étudiants en cinéma à l’Espace Miramar, dans le cadre des Rencontres cinématographiques de Cannes (RCC) 2023.

Le mal-être de la jeunesse, vu par le cinéma. Montage Mathilde GEORGES

« Le but, c’est de permettre aux élèves de mieux comprendre la forme des films et de chercher des réponses à leurs questions”, zoome le spécialiste du 7ᵉ art et de l’éducation à l’image.

L’objectif, c’est aussi de parler du mal-être de la jeunesse, de ce qu’il appelle les générations désenchantées. Les jeunes qui n’arrivent pas à s’intégrer dans la société, qui ne se projettent pas dans le monde réel et qui le rejettent, qui refusent la parentalité ou le travail”, définit Louis Blanchot. 

Des extraits et des échanges

Afin d’illustrer cette génération désenchantée, Louis Blanchot a choisi des films de diverses époques. Une question fait le lien : comment le réalisateur met en avant ce mal-être, dans un contexte, une époque et un pays différent ? Virgin Suicide, Rumble Fish, Rebel without a Cause, Springbreakers, Millennium Mambo : tous traitent ce sujet, mais à leur façon.

Virgin Suicide, le premier film de Sofia Coppola, évoque les questionnements des adolescentes. “La réalisatrice utilise un imaginaire gothique avec la vie pavillonnaire aisée des années soixante-dix pour montrer que la présence stricte des parents peut rendre totalement fou un groupe d’adolescente”, analyse le critique de cinéma. La Fureur de vivre de Nicholas Ray dresse le portrait de la jeunesse des années cinquante, en crise, ne croyant plus à l’avenir. 

“Dénoncer ce que les jeunes peuvent traverser”

Pour Camille, élève en option cinéma au lycée Bristol, à Cannes, réaliser des films autour de ce mal-être est essentiel, car cela permet de “dénoncer ce que les jeunes peuvent traverser”. Une mission d’autant plus importante que les adultes ont tendance à sous-estimer ce problème, alors “qu’il y a des soucis, des traumatismes et ça peut être difficile à vivre”, soulève la lycéenne. Les films présentés se déroulent “dans un cadre banal”, afin de souligner la “dimension universelle de ce désarroi, et non pas sur un personnage avec des péripéties sociales ou politiques”, ajoute Louis Blanchot.

Après la diffusion des extraits, la parole était donnée au public. “On veut vraiment créer un échange”, espère Louis Blanchot. C’est aussi à ça que sert le cinéma.

Aurélien DUFOUR & Mathilde GEORGES
édité par M.G.

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