Une exposition au site archéologique d’Olbia pour découvrir en image les fouilles sous-marines

Éparpillée sur le site archéologique d’Olbia, l’exposition photo Des bulles et des blocs illustre l’histoire de la cité romaine engloutie d’Olbia. Les amateurs d’archéologie peuvent plonger dans une galerie en plein air de photos des fouilles immergées. Nez à nez avec les images des scientifiques en combinaison de néoprène et palmés, les visiteurs peuvent suivre les quatre dernières campagnes des fouilles sous-marines. Ouverte du 20 juin au 5 novembre 2023, l’exposition a dévoilé des secrets d’architecture comme la queue d’aronde, un emboîtement de pierres.
“Les vues sous-marines sont un bon supplément”
“Avec la lumière qui vient de l’extérieur, la photo est magnifique, c’est celle qui m’a le plus touchée, on voit le plongeur en suspens au-dessus d’un tapis d’algues”, décrit Claire Vialatou, salariée du site archéologique. Pour Josiane, une visiteuse, “ les vues sous-marines sont un bon supplément” à la visite de la partie terrestre de la colonie grecque d’Olbia. “Avant cette exposition, on avait seulement quelques photos sur la partie immergée, il y avait beaucoup de gens et même des hyérois, qui ne savaient pas qu’il y avait un quai sous-marin”, explique la salariée.
Éclaircir les mystères du port d’Olbia
Le Centre Camille-Jullian et l’Université Aix-Marseille, ont mis à l’honneur les blocs de calcaires, qui côtoient oursins et posidonies à fleur d’eau. Depuis 2019, ils effectuent des campagnes archéologiques avec l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Archéologues, architectes, topographes et photographes travaillent en commun pour éclaircir les mystères de la jetée d’Olbia, visible au nord de la plage de l’Almanarre par temps calme. Les blocs ont été nettoyés, photographiés et cartographiés.
À l’aide de la photogrammétrie, qui permet de situer les formes dans l’espace en prenant des photographies d’une multitude de points de vue, les visiteurs peuvent observer une carte issue des résultats en 3D. Un projet prévoit de proposer aux futurs visiteurs de s’introduire dans les vestiges sous-marins via un casque immersif.
“Une anarchie esthétique”
Les douze panneaux affichent les vingt-quatre photographies de Loïc Damelet, Lionel Roux et Philippe Soubias. Ces professionnels de la photographie archéologique manient des drones et des appareils photos étanches pour documenter la recherche scientifique. Lionel Roux, reconnaît la particularité de la photographie sous-marine : “Il y a une plus grande aisance, comme on flotte autour des vestiges. Il y a une souplesse et une légèreté infinies, on est porté par l’eau pour être en lévitation au-dessus des ruines.” Admiratif “des blocs répandus de façon anarchique, mais esthétique, avec l’eau clair et l’environnement naturel”, il invite les visiteurs à se “noyer dans les photos”.
Une visite les pieds au sec
Si Josiane et Gérard, touristes du grand Est, le pouvaient, ils aimeraient voir de leurs propres yeux les vestiges immergés : “la plongée n’est pas notre tasse de thé mais l’exposition nous a donné envie d’aller voir !”. Pour une visite les pieds au sec, Laurent Borel, architecte et responsable du service de plongée au Centre Camille Jullian, propose une visite commentée pour les 60 ans du site archéologique le vendredi 16 juin à 16 h 30.
Nina OSMOND
