Hockey : Louis Vitou, un indépendant à la force tranquille

Huit mois après son retour à son club d’origine, les Aigles de Nice, Louis Vitou a mis au service de l’équipe de hockey ce qui fait sa force et le caractérise : son calme. Une qualité qui résulte de son goût à l’indépendance.

Bryan Sautereau (à gauche) décrit son ami et coéquipier aux Aigles de Nice, Louis Vitou (à droite) comme quelqu’un « qui ne se prend pas du tout la tête » sur la glace, ici à Cannes le 8 février 2023. Photo A.D.

C’est décontracté, baskets aux pieds, casquette vissée sur la tête, que Louis Vitou arrive à l’École de journalisme de Cannes pour parler de son sport, le hockey, et de sa jeune carrière. À 23 ans, il a fait son retour aux Aigles de Nice (Alpes-Maritimes) en juin 2023, où il avait donné ses premiers coups de crosse après avoir soufflé ses 3 premières bougies. « Mon père faisait du hockey sur glace, il a donné la passion à mon frère qui me l’a donnée ensuite », se souvient le Niçois d’origine.

« J’ai découvert cet état d’esprit de ‘s’en foutre de tout’ « 

Malgré cet entourage familial très hockey, à 15 ans, Louis Vitou décide de partir à 900 km de là, à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), en sport-études APAS (Activités physiques adaptées et Santé). « Si ça ne tenait qu’à moi, je serais parti à 13 ans », avoue-t-il. La raison ? Un goût très prononcé pour l’indépendance, la tranquillité.  « À Anglet, le peu que je parlais avec ma famille au téléphone, ils débriefaient mes matchs. Ce que je faisais de bien et de mal. Surtout de mal. Au bout d’un moment, c’était un peu chiant », se rappelle le hockeyeur. Dans le Sud-ouest, en plus des cours en sport adapté, Louis Vitou découvre une nouvelle mentalité que celle régnant le long de la Côte d’Azur. « J’ai découvert cet état d’esprit de ‘s’en foutre de tout’, de ‘rien n’est grave’, de ne pas se prendre la tête », détaille-t-il.

Une manière de penser qui se reflète sur la glace. « Louis [Vitou] est vachement à l’écoute. Il ne se prend pas du tout la tête, il joue sans pression. Il dit : ‘viens, on va jouer, on va faire un match, puis on verra à la fin si on a bien joué ou pas’ « , décrit Bryan Sautereau, 24 ans, nouvel Aiglons à Nice, et ami de Louis Vitou depuis qu’ils ont 5-6 ans. « On a joué l’un contre l’autre quand on faisait du roller-hockey lors de tournois », se rappellent-ils.

Avant de retourner à Nice, Louis Vitou a joué deux saisons aux Boxers de Bordeaux (2021- 2023). « Je m’y suis brûlé les ailes. C’était un grand club avec des grandes ambitions. Dans mes performances et dans ma tête, j’ai eu beaucoup de mal », souffle-t-il. Pour décompresser, il y découvre une autre passion : le golf. « T’es tout seul, il y a une espèce de self-control que l’on apprend et qui peut me resservir en match », savoure-t-il.

De l’auto-entreprenariat après le hockey ?

De retour dans les Alpes-Maritimes, sa (ré)intégration se déroule sans accroc. D’abord au sein de son université, où il suit des cours en management du sport. Puis évidemment, chez les Aigles. « De base, je ne suis pas très sociable. Dans les autres clubs, j’ai toujours eu peur de m’ouvrir un peu, mais ici, je connaissais l’assistant-coach, le manager, les joueurs, les bénévoles, donc ça a été plus facile. » S’ouvrir dans les autres clubs, mais aussi en équipe de France, où il a fait quelques apparitions en U17 (4 matchs), U18 (6 matchs) et U20 (14 matchs). Non-rappelé en sélection depuis trois ans, Louis Vitou refuse de se mettre la pression. « Si je suis sélectionné, j’irai et je jouerai avec fierté. Si ça n’arrive pas, je ne vais pas me morfondre. Je ne suis pas quelqu’un qui me prend la tête. »

Alors qu’il n’a que 23 ans, et qu’il lui reste encore « dix, voire douze années » dans le hockey, Louis Vitou se projette déjà dans son après-carrière. Une retraite sportive, qu’il veut loin de la glace. « Plus loin du hockey, mieux ce sera. On a tellement le nez dedans depuis des années. Mon master en management du sport, c’est surtout pour avoir les bases en management, marketing et gestion. Je me vois plutôt en auto-entrepreneur plus tard, à bouger et gérer mon propre truc. » Être indépendant, finalement.

Aurélien DUFOUR
édité par Elsa SIMLER

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