« Il se passe des choses merveilleuses juste à côté de chez nous, et parfois, on ne le sait pas »

À 27 ans, Nikita Cornuault est une intermittente du spectacle touche à tout. Entre théâtre, acrobatie en duo, monocycle, et récemment l’apprentissage du jonglage de feu, elle n’a pas le temps de s’ennuyer. Pour le début du Carnaval de Nice, c’est avec la Compagnie Arteflammes qu’elle défilait. Ce mercredi 24 avril, elle sera sur la scène du Théâtre Francis Gag, à Nice, pour Vilain Vilain Monstre, un spectacle de la compagnie Le Navire avec qui elle collabore. 

Nikita Cornuault a déjà participé au Carnaval de Nice avec la Compagnie Planète Vapeur en 2015. Photo Tiphaine Bernard

C’est pendant son temps libre, entre représentations et entraînements, que je rejoins Nikita Cornuault. En cette fin de matinée ensoleillée, nous nous installons dehors, au centre commercial Polygone Riviera à Cagnes-sur-Mer. Quelques jours avant notre rencontre, Nikita Cornuault était perchée sur des échasses droites — qui ne rebondissent pas — et défilait avec la Compagnie Arteflammes lors de l’un des corsos illuminés du Carnaval de Nice. 

Rejoindre les loges situées Jardin Albert Iᵉʳ plusieurs heures avant le corso, se faire maquiller, revêtir son costume de fée, utiliser une crème aux huiles essentielles contre le froid, attendre longtemps, se faire placer par un rôdeur et défiler, c’est une soirée type que vit Nikita Cornuault lors du Carnaval. Il faut ensuite tenir une heure et demie, donner son maximum pour le public, mais avec des échasses, cela est parfois compliqué. « Je préfère défiler à pied, aller à la rencontre des plus petits pour avoir ce sentiment de proximité. Et à pied, j’ai moins peur de tomber », explique-t-elle. 

La scène, son exutoire 

Six ans. C’est l’âge auquel Nikita Cornuault est entré dans le monde du spectacle avec le cirque. À Nice, la jeune femme fait une licence Arts du Spectacle Parcours Théâtre et poursuit avec un Master Arts du Spectacle. Elle s’entraîne durant toutes ces années, mais rencontre des difficultés lors de ses études : « C’était compliqué de donner du temps aux deux, surtout pendant la rédaction de mon mémoire.« 

Après ses études, Nikita Cornuault continue les cours de théâtre, mais s’y retrouve moins personnellement. Elle décide alors de se tourner vers la scénographie qu’elle a toujours adorée. Elle apprend à créer des costumes, des décors pour les représentations et rencontre différentes compagnies, des metteurs en scène, comédiens avec qui elle partage de nouvelles aventures comme la voix-off. « Par exemple, quand j’ai rencontré Jean-Baptiste Nallino, le metteur en scène du collectif La Machine, il a adoré ma voix et a décidé de m’écrire un rôle », évoque-t-elle avec joie. 

La Côte d’Azur, son lieu de prédilection 

Originaire de Grasse, Nikita Cornuault est très proche de sa famille, surtout de ses parents. Dans les moments de doute, ce sont eux qui la poussent à continuer d’exercer sa passion. « Je suis fille unique, donc mes parents, c’est tout pour moi« , dit-elle.

Le soleil du sud, elle y tient énormément. Quand Nikita Cornuault part en tournée, elle revient rapidement. « Je me suis longtemps posé la question de rejoindre Paris ou non, mais je suis trop bien ici, et je trouve dommage de tout centraliser à Paris alors qu’on peut faire de très belles choses dans nos régions », déclare la jeune femme. Elle évoque également le manque de diffusion des spectacles en général : « Il se passe des choses merveilleuses juste à côté de chez nous, et on ne le sait parfois pas. »

Aujourd’hui, Nikita Cornuault travaille toujours avec le collectif La Machine pour certains spectacles. Une aventure qu’elle a débutée en 2016 en tant qu’assistante en scénographie et comédienne. Elle aimerait également monter son propre spectacle avec sa meilleure amie dans les mois à venir.

Tiphaine BERNARD

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