Le 19 mars dernier, une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a montré que 77 % des produits transformés comportent du sucre, qu’ils soient sucrés ou salés. J’ai testé pour vous 48 heures à ne manger que des produits transformés, dans les divers fast-food de Cannes.

Premier jour
8 h 30. Je me prépare pour acheter mon petit-déjeuner. Je suis motivée à l’idée d’entamer cette nouvelle expérience. Prendre le bus le ventre vide est désagréable. Direction le centre-ville.
9 h 30. J’arrive au McDonald’s dans le centre-ville de Cannes, au 2 rue Félix Faure. Je commande un chocolat chaud et un croissant, le tout pour 4 euros. Un petit-déjeuner très sucré et très gourmand. Je sors de table et je n’ai plus faim.
13 h 05. Arrivée au KFC de la gare de Cannes, je commande un colonel original (un sandwich composé d’une pièce de poulet pané, du cheddar, du bacon, de la salade et beaucoup de sauce) avec des frites. Le tout accompagné d’une bouteille d’eau plate. J’ai à peine le goût de la salade. Je paie 9,45 euros. C’est pratique de ne rien avoir à préparer.
16 h. L’heure du goûter, mais pas pour moi. J’ai un coup de fatigue pendant que j’appelle une amie, de retour chez moi. Je n’arrive pas à me concentrer sur notre conversation. Je constate que ma digestion est plus lente qu’habituellement.
19 h 30. Je teste Steak and Shake, place du Général-de-Gaulle, sur la Croisette. J’ai pris The Original Double ‘n Double. Ce hamburger est composé de deux steaks, deux tranches de cheddar, de cornichon, salade, tomate et oignon, sauce ketchup. Une attente de cinq minutes à peine. C’est déjà écœurant de manger autant de fast-food dans une même journée. J’ai le goût des légumes frais en bouche, qui ne sont pas noyés dans la sauce. J’ai déboursé 13,35 euros.
Dans la soirée, j’ai des ballonnements au ventre et j’ai la bouche pâteuse vers 23 heures. À ce sujet, la diététicienne et nutritionniste Mme Dubois* m’expliquera que « les ballonnements peuvent être liés au taux élevé de graisse » dans mon repas ou « à la qualité du pain. »
Deuxième jour
10 h. Je suis devant le McDonald’s de Cannes. Je m’apprête à commander mon petit-déjeuner, plus tardif que la veille. Je prends un Egg & Bacon McMuffin et un jus de pomme pour un total de 5,90 euros. J’avoue que je suis calée et que c’est très bon. Malgré tout, je suis écœurée de manger des burgers depuis hier.
13 h 30. Je suis au O’Tacos de la gare de Cannes. J’en commande un au poulet nature avec une sauce au curry, garni de frites et d’une sauce fromagère. Il m’a coûté 7 euros, sans boisson ni dessert. J’avoue que je mange ce midi par pure gourmandise. Je ne ressens pas le besoin de manger. Pour l’experte en nutrition, c’est « normal. Les aliments riches en glucides simples sont plus rapides à digérer et à absorber pour l’organisme, d’où la sensation d’être rassasiée constamment. »
19 h 15. Pour changer des burgers et de la viande, j’ai testé la street-food cambodgienne à Nâca. Je prends un menu végétarien pour 9,90 euros. Ce plat est composé de nouilles de riz, de tofu, chou rouge, chou blanc, oignons, poivrons et tomates. Le tout cuisiné dans une sauce soja sucrée. C’est agréable de manger des légumes sautés et croquants, après n’avoir mangé que des féculents et de la viande.
Au total, j’ai payé 49,60 euros pour ne manger que dans les fast-foods tout le week-end. Et ce, en n’ayant pris ni dessert, sans quoi il aurait fallu compter au moins dix euros de plus.
Expertise de Mme Dubois*, diététicienne et nutritionniste à Cannes
Mme Dubois, une experte en nutrition, a constaté que mon alimentation était « déséquilibrée » et ne « remplissait pas les besoins nutritionnels d’une jeune adulte. » Aucun légume dans mon alimentation. D’après elle, il sont notre « premier bouclier » contre les maladies et produit des vitamines contre les troubles digestifs. Que des sucres qu’ils soient lents ou rapides dans mon alimentation composée de produits transformés. J’ai mangé beaucoup de pain, de pommes de terre (frites) et de pâtes. J’ai bu aussi des boissons gazeuses et sucrées.
« On a oublié le bon sens en tant qu’adulte », constate-t-elle. Selon la spécialiste, il faut manger de tout, de manière équilibrée pour remplir nos besoins nutritionnels : « protéines, fibres, glucides et lipides ». Un équilibre propre à chacun, selon l’âge par exemple. Cette alimentation trop riche et sucrée devient mauvaise pour la santé, lorsqu’elle est excessive, c’est-à-dire très régulière. Les risques sont de développer le syndrome du « foie gras », une maladie où le foie accumule des graisses en excès ou de l’obésité qui peut entraîner des maladies cardiovasculaires.
Célia Réunif
*Nom d’emprunt
