« Les Elles des Jeux » :  le combat des femmes pour participer aux Jeux Olympiques

Pour la première fois dans l’histoire des Jeux Olympiques modernes, les Jeux Olympiques de Paris 2024 respecteront une parité parfaite. Le Musée national du sport de Nice propose une exposition temporaire sur l’histoire des femmes dans l’histoire des jeux, à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.

Depuis novembre 2023, l’exposition « Les Elles des Jeux” au Musée National du Sport à Nice, propose de retracer l’évolution de la place des femmes dans les Jeux Olympiques. Cela semble inimaginable aujourd’hui, mais il y a 130 ans, les femmes n’avaient pas le droit de participer aux Jeux Olympiques. En 1896, à Athènes, lors de l’ouverture des premiers Jeux olympiques modernes, les femmes sont exclues de la compétition. Dans la tradition des jeux antiques, les femmes étaient encore bannies de la compétition. Les fondateurs des jeux modernes n’ont pas dérogé à la règle. Le baron Pierre de Coubertin, créateur des jeux Olympiques, acte cette décision en déclarant qu’une : “ Une olympiade femelle serait peu pratique, inintéressante, inesthétique et incorrecte. (…) le rôle des femmes devrait être avant tout de couronner les vainqueurs”. 

Les athlètes féminines ont alors longtemps été évincées des compétitions olympiques, jugées trop faibles ou trop fragiles. À défaut de participer aux épreuves, les femmes remplissent des rôles « accessoires » (prêtresses, hôtesses, escortes) supposés indispensables à la mise en scène des cérémonies. L’exposition montre la détermination de femmes qui, à travers leurs engagements et leurs disciplines sportives, ont combattu les normes patriarcales et ouvert la voie au sport féminin. Un long chemin débute pour entériner la présence des femmes au sein de l’organisation olympique, que ce soit au niveau des athlètes ou au niveau institutionnel. Alors qu’on comptait une femme sur dix sélectionnée aux jeux de Berlin en 1936, les deux dernières éditions des jeux comptabilisent quasiment une égalité dans le nombre d’athlètes féminines et masculins.

Une exposition sociale à travers la question du sport

À travers une scénographie immersive et interactive, l’exposition, divisée en six parties de manière chronologique et thématique, raconte l’évolution de la place des femmes dans le sport, mais aussi les progrès des droits des femmes dans la société. L’exposition revient sur des points clés de l’émancipation féminine et l’évolution des droits des femmes à travers des unes de presses ou des vidéos d’archives. L’apparence et les tenues des athlètes étaient scrutées et ces dernières devaient être féminines, mais ne pas exposer leur corps de manière “inappropriée”.

Manon Philippe, commissaire de l’exposition, met en évidence l’évolution des mœurs en comparant deux maillots de bain d’athlètes féminines. Le premier date de 1905 et le deuxième des Jeux olympiques de 2008 : « Ce premier maillot couvre les formes de la sportive, on en voit le moins possible pour une question de décence à l’époque. Progressivement, le maillot de bain s’est raccourci, mais aussi et surtout, on a fini par tendre vers un vêtement plus confortable. L’objectif maintenant, c’est davantage la performance plutôt que l’esthétisme. » À travers l’évolution des tenues de sport, les femmes se réapproprient leurs corps et gagnent en liberté. Grâce à leur combat pour la parité, les sportives ont gagné de nombreuses batailles qui ont servi la cause des femmes au sens large. 

Vers la parité pour les Jeux olympiques de Paris ? 

Pour la première fois en 130 ans d’histoire des femmes aux Jeux Olympiques, les organisateurs des Jeux Olympiques de Paris déclarent atteindre la parité, avec autant d’athlètes féminines que d’athlètes masculins. Sur les 10 500 sportifs sélectionnés pour la compétition, la moitié seront des femmes. Mais le combat pour les femmes dans le sport est loin d’être fini. Le compte-rendu d’une commission d’enquête parlementaire sur les fédérations sportives françaises démontre “des défaillances systémiques” en matière d’éthique et de lutte contre les violences sexuelles. De plus, il est toujours plus compliqué pour les femmes de vivre de leur sport que pour leur homologue masculin. 

Valentine FOUREAU

Laisser un commentaire