Circuler à vélo à Cannes : toute une aventure !

Être un cycliste cannois, c’est pas toujours facile. J’utilise mon vélo depuis septembre 2023 comme moyen de transport entre mon domicile, près du square Méro, et le campus Georges-Méliès à la Bocca. Pour tenter de rendre compte du mieux possible de la circulation à vélo, j’ai pédalé un peu partout dans Cannes durant le printemps 2024.

Sur le boulevard du Midi, une sensation de travail inachevé. La piste cyclable est discontinue et par endroits dangereuse. Photos A.D.

Commençons notre circuit par la Méditerranée. Sur le bord de mer, il y a des bouts de pistes cyclables bien aménagés, en double sens et pourvus d’un sol lisse. Ces bandes, éclairées la nuit par de petites bornes, restent limitées. En guise de voie cyclable, ce n’est souvent qu’un pictogramme peint à droite de la route, collé aux stationnements et sans délimitation avec la route (voir photo de gauche). Les voitures ont parfois peu de marge pour dépasser, ce qui n’est pas rassurant. J’ai désormais le réflexe de me déporter sur les places de parking inoccupées entre le trottoir et la chaussée quand je roule dans le sens Mandelieu-Cannes.

Dans cette direction, les morceaux de pistes cyclables sont plus nombreux. Lorsque je me dirige vers Mandelieu, je dois traverser trois fois la chaussée pour rouler sur les voies réservées aux vélos. Autre problème : les pistes du bord de mer ne sont pas séparées avec les piétons. Quand il y a beaucoup de monde, notamment les fins d’après-midi ensoleillées, certains marchent sur les voies cyclables, ce qui gêne la circulation à vélo. Sur ces zones de partage, je redouble de vigilance pour ne pas heurter un passant. Une piste cyclable de ce type va jusqu’à l’entrée du Vieux-Port. À cause des travaux, je roule avec les voitures sur le quai Saint-Pierre et la Pantiero.

Davantage de pistes à la Bocca

Sur la Croisette, le chantier a sacrifié temporairement la voie réservée aux vélos. À partir de la Roseraie, une piste à l’écart des voitures traverse les squares du boulevard. Cette longue voie fait le tour de la pointe de la Croisette, emprunte le boulevard Gazagnaire et va jusqu’à Golfe Juan en longeant la mer. Elle est très agréable et sécurisante.

Demi-tour, direction la Bocca. Je prends la voie rapide qui contourne le centre-ville. Il n’y a aucun aménagement pour les vélos. Pour me rendre à l’université, je prends un bout de la voie rapide. Les voitures vont vite et la chaussée est abîmée. Ce n’est pas la partie du trajet que je préfère. Puis j’emprunte les avenues Picaud et Tonner. Sur cet axe majeur, les pistes cyclables sont absentes sur 3 km. La chaussée n’est parfois pas assez large pour que les voitures me dépassent. Je serre le bord droit de la route, voire, je monte sur le trottoir pour laisser les véhicules me doubler.

Je rencontre enfin une voie cyclable au rond-point de l’Intermarché. En double sens, elle fait la liaison avec la zone industrielle des Tourrades. Sur l’avenue Pierre de Coubertin, il y a une superbe voie, large, bien délimitée et dans les deux sens. Une autre bande continue ensuite pour aller à Ranguin, via l’avenue Michel-Jourdan. Le cours d’eau de La Frayère est bordée par une piste qui part du centre aquatique Grand Bleu et va quasiment jusqu’à la mer.

Je me gare à deux pas du campus, devant l’entrée du Cineum. Il y a une vingtaine de barres, un nombre suffisant. La ville compte plus de 600 places de stationnement. Celles-ci sont peut-être trop concentrées, avec des zones dépourvues. Dans le secteur de la rue d’Antibes, je mets presque dix minutes pour trouver une place où me garer. À l’inverse, sur le bord de mer, il y a beaucoup de barres, la plupart du temps inutilisées.

L’enfer Carnot

Être à vélo, c’est aussi devoir respirer les rejets de pots d’échappement des véhicules thermiques. Pollution et mauvaise odeur, c’est ce que j’inhale lorsque que je suis arrêté derrière une voiture. Les automobilistes ont généralement un comportement respectueux. Les coups de klaxon à mon encontre, venant sans doute de conducteurs pressés, sont rares.

Cannes, ça monte. Certaines rues nécessitent de bons mollets et/ou un vélo électrique. J’avoue avoir parfois mis pied à terre dans les quartiers de la Croix des Gardes, du Suquet et de l’avenue de Grasse.

En pente, le boulevard Carnot l’est un peu aussi. Un détail insignifiant au vu des nombreuses difficultés rencontrées à vélo sur le boulevard. Embouteillages, chaussée étroite, feux rouges nombreux, y circuler est loin d’être reposant. Je pense à emprunter l’allée centrale des bus, mais je n’ai pas le droit. Un arrêté n’autorise pas aux cyclistes d’y rouler. Dommage, je croyais avoir trouvé un moyen plus sûr et rapide. Les autres voies du réseau Palm Bus sont également concernés par cette décision municipale.

Pistes cyclables inexistantes ou discontinues, secteurs peu dotés en places de stationnements, zones non séparées des piétons… La ville du cinéma est encore loin de devenir la ville du vélo.

Axel DUMOND

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