Représenter les Jeux Olympiques avec humour : les dessins d’Aurore Petit


À l’occasion des Jeux Olympiques de Paris 2024, les œuvres d’Aurore Petit font la tournée des médiathèques. Axés sur les épreuves de la compétition, les dessins ont une particularité : l’humour.

Des épées qui s’entremêlent, un archer qui tient son arc à l’envers, la dessinatrice Aurore Petit aborde les JO avec beaucoup d’humour. Photo N.F.

« Je montre des sportifs dans des mises en scène réinventées, j’ai fait le choix de jouer sur un rapport texte-image décalé », c’est ainsi qu’Aurore Petit, dessinatrice pour les enfants, a décidé de représenter les Jeux Olympiques. En tournée dans les médiathèques françaises, ses dessins offrent une autre vision de la compétition : « L’idée, c’est d’être sur un dessin d’humour qui montre les choses différemment, faire un twist par rapport au sens. »

Aurore Petit dessine depuis son enfance. Elle publie son premier livre en 2008 après avoir étudié à l’École des arts décoratifs de Strasbourg. C’est lors des Jeux Olympiques de 2012, à Londres, qu’elle esquisse pour la première fois des épreuves de sport pour Le Monde et Le Journal du dimanche.

Férue d’humour, elle ajoute à ses œuvres sa touche de personnalité : « Faire un joli dessin […] tout le monde peut le faire avec de l’entraînement, mais par contre […] là où on fait quelque chose de vraiment personnel, c’est dans l’humour ». Issus de son livre L’art d’être champion du monde, ses 30 dessins réalisés à l’encre de Chine et à la plume sont accompagnés de leçons de développement personnel.

« Il y a une certaine absurdité dans le sport« 

Des kayakistes qui rament à contre-sens, des champions de hockey qui jouent avec leur tête ou encore une athlète de saut en longueur qui bronze… Les œuvres d’Aurore Petit donnent le sourire à ceux qui les contemplent. « Il y a de petites bizarreries, c’est marrant », explique Valérie venue voir l’exposition avec ses deux jeunes enfants. Pour la mère de famille, c’est une opportunité de leur faire découvrir les Jeux Olympiques et de nouveaux sports à travers l’humour. Une découverte pas seulement réservée aux jeunes, ajoute Valérie : « C’est rigolo pour les enfants, mais aussi sympa pour nous les adultes. »

Au-delà des valeurs sportives véhiculées, c’est le sens que des athlètes donnent à leur vie qu’Aurore Petit charrie. Selon elle, le monde de la compétition est vide de sens : « Il y a une certaine absurdité dans le sport : passer sa vie à courir le plus vite possible, essayer de soulever un poids. C’est de ça que j’ai envie de me moquer tendrement », ironise l’artiste.

Si la dessinatrice aime satiriser les Jeux Olympiques, elle confesse toute de même vouer un culte aux corps sculpturaux des sportifs : « Ce qui me fascine c’est de voir comment un corps peut-être modelé par une discipline. » Le dépassement de soi des athlètes n’a pas fini de faire couler son encre.

« L’émotionnel n’est pas valorisé dans le sport« 

Dessiner les différentes épreuves des Jeux Olympiques, c’est pour Aurore Petit une manière de transmettre plus d’émotions. Des émotions que l’on n’a pas forcément l’habitude de ressentir dans le sport étaye l’artiste : « L’émotionnel n’est pas valorisé dans le sport […] alors que dans l’art, on sent ce qu’a pu ressentir l’artiste lorsqu’il l’a fait. »

Le dessin est selon elle une toute autre façon de vivre les JO. Il transmet des émotions positives comme négatives : « Un bon dessin ce n’est ni une performance, ni la technique […] un dessin a une charge émotionnelle, on peut être heureux comme triste. »

Nicolas FONTAINE

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