Daniel Mata Flores est le fondateur de la start-up SequoIA Analytics. Avec une petite équipe de six scientifiques, il a créé une technologie innovante pour réduire les embouteillages dans la cinquième ville la plus saturée de France.

« Fluidifier le trafic des Alpes-Maritimes en utilisant le bruit généré par la circulation routière », c’est l’objectif de Daniel Mata Flores. Cet ingénieur d’origine vénézuélienne s’installe sur la Côte d’Azur en 2019 pour réaliser une thèse sur la sismologie et les sciences de la Terre. Se servant des outils utilisés lors de celle-ci pour analyser les bruits des séismes sous-marins, il fonde sa start-up SequoIA Analytics.
« Plus précis que les caméras de vidéosurveillance »
Près de « 70% des émissions de CO2 sont dues au transport et à la mauvaise gestion du trafic », c’est ce qui a motivé Daniel Mata Flores à créer ce logiciel innovant à Nice, la cinquième ville la plus embouteillée de France, selon le classement traffic-index. Son projet, relier un boitier aux câbles optiques déjà déployés le long des axes routiers. L’enregistrement du bruit est converti en des données qui permettent de connaître l’état de la circulation en temps réel et la position exacte des usagers à dix mètres près. « Plus précis que les caméras de vidéosurveillance » — qui sont espacées de 5 à 10 km — selon Daniel Mata Flores, ce système permettrait de réduire les embouteillages en anticipant les aléas routiers. Un logiciel qui serait mille fois plus performant que les caméras existantes.
Pour se financer, l’équipe de SequoIA Analytics dispose de plusieurs fonds publics : la Métropole de Nice Côte d’Azur, l’Institut 3IA Côte d’Azur et le Centre Inria Sophia Antipolis. Celle qui est dans les cinquante premières start-ups les plus innovantes de 2023 a aussi remporté un prix national d’innovation.
Pour Daniel Mata Flores, il est encore difficile d’estimer le coût de ce nouveau logiciel, mais il se chiffrerait en « plusieurs centaines de milliers d’euros ».
« Notre ambition, c’est de s’exporter à l’international«
Cette technologie a déjà été testée le long de la voie rapide à Nice et les résultats sont concluants, selon l’ingénieur vénézuélien. Une deuxième expérimentation dans la région est prévue en concertation avec la métropole de Nice. Le logiciel devrait être mis en place au cours du premier semestre de 2025 sur la Côte d’Azur. Daniel Mata Flores ne compte pas s’arrêter à l’échelle locale : « Notre ambition, c’est de s’exporter à l’international ! »
Thierry Maïz & Léa Santelli
édité par T.M.
