Entre farine et famille : la nouvelle aventure de Papy Raymond

Le samedi 20 septembre, la boulangerie artisanale Papy Raymond, dirigée par Eliott
Philippe, 26 ans, a ouvert ses portes Ă  Mandelieu-La-Napoule. Un projet qui n’a pas Ă©tĂ© sans embĂ»ches.

Eliott Philippe enfourne les baguettes traditions. Il en fait cuire dùs qu’il en manque pour
s’assurer que ses clients aient du pain chaud et frais, toute la journĂ©e.
Eliott Philippe enfourne les baguettes traditions. Il en fait cuire dùs qu’il en manque pour
s’assurer que ses clients aient du pain chaud et frais, toute la journĂ©e. (Photo Margot Lemoine)

Quand la ville est plongĂ©e dans le silence de la nuit, Ă  2 h du matin, Eliott Philippe enfile son tablier et s’active dans le fournil de sa nouvelle boulangerie Papy Raymond Ă  Mandelieu-La-Napoule. Cela fait dĂ©sormais un an qu’il peaufine ce projet, soutenu par sa famille. « Ouvrir une boulangerie, c’est 50 % d’organisation et 50 % de savoir-faire », souligne-t-il. L’annĂ©e de prĂ©paration a Ă©tĂ© semĂ©e d’embĂ»ches. « Il y a toujours quelque chose qui ne va pas », s’insurge l’artisan. Entre les difficultĂ©s rencontrĂ©es avec les banques et la recherche du bon emplacement, le parcours n’a pas Ă©tĂ© de tout repos pour le patron : « C’était trĂšs compliquĂ©, mais quand j’ai dĂ©couvert cette boutique, j’ai eu un coup de cƓur. Elle est bien agencĂ©e et situĂ©e dans un quartier familial. « Cependant, il n’a pas Ă©tĂ© aisĂ© de regagner la confiance des clients locaux. » Nous avons repris une affaire dont l’ancien propriĂ©taire fermait souvent Ă  cause de problĂšmes de santĂ©, ce qui a menĂ© Ă  l’attrition de la clientĂšle », poursuit le fournier.

 » Je suis allergique Ă  la farine « 

Dans cette aventure entrepreneuriale, le jeune homme bĂ©nĂ©ficie du soutien indĂ©fectible de ses proches.  » Ma mĂšre et ma femme m’aident Ă©normĂ©ment. Mon pĂšre m’a Ă©galement apportĂ© un appui prĂ©cieux, tant financier que logistique. « Jeannette Philippe, qui a quittĂ© Grenoble pour Ă©pauler son fils, partage cet enthousiasme : « C’est gĂ©nial de travailler en famille. » Pourtant, cela ne semblait pas si Ă©vident. Eliott Philippe travaille dans le domaine depuis ses 15 ans. Au dĂ©but, ses parents Ă©taient rĂ©ticents quant Ă  son choix de carriĂšre. « Pour eux, il faut au moins le baccalaurĂ©at », raconte l’artisan. Selon lui, la passion est essentielle : « Si tu n’aimes pas ça, tu ne peux pas le faire. » À tel point qu’il surmonte chaque jour un impondĂ©rable : « Je suis allergique Ă  la farine. Je mets un masque quand je fais des gros pĂ©trins, sinon je prends un antihistaminique tous les jours. C’est ma passion, je ne peux pas arrĂȘter, et puis, ça ne nuit pas Ă  ma santĂ©. »

Des produits locaux

Parmi les spĂ©cialitĂ©s phares, la focaccia italienne fait sensation. « Elle Ă©tait gĂ©niale. C’est un penalty sans gardien », souffle un client. « Nous mettons l’accent sur la qualitĂ© de nos ingrĂ©dients », prĂ©cise le boulanger. Pour Ă©laborer ces dĂ©lices, la boulangerie fait appel Ă  plusieurs fournisseurs locaux. » Notre primeur est basĂ© Ă  Nice et je collabore avec un meunier qui produit de la farine labellisĂ©e rouge provenant du Var« , souligne le jeune homme.

Le personnel du commerce affiche un optimisme palpable. « Pour l’instant, nous recevons de bons retours, ce qui est trĂšs encourageant », dĂ©clare Coralie Philippe, son Ă©pouse. La boulangerie prend Ă©galement des commandes. « Plusieurs chambres d’hĂŽtes font appel Ă  moi, et je prĂ©vois de dĂ©marcher des restaurants pour des livraisons », ajoute Eliott Philippe. Il n’hĂ©site pas Ă  envisager l’avenir avec ambition : « Si tout se passe bien, j’aimerais ouvrir une deuxiĂšme, voire une troisiĂšme boulangerie. »

Margot LEMOINE
édité par Suzie FICHOT

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