[RCC] Bird, du réalisme social à la poésie

Lors de la 37ᵉ édition des Rencontres cinématographiques de Cannes (RCC) 2024, une carte blanche consacrée à la citoyenneté a primé Bird d’Andrea Arnold. Ce drame social suit Bug et sa fille Bailey, une adolescente en quête de liberté et d’aventure.

Le jury du Prix de la citoyenneté 2024, (de g. à d. : Claus Drexel, Isabelle Chenu, Agathe Bonitzer, Valérie Donzelli et Frédéric Sojcher) lors du dernier Festival de Cannes. Photo : DR Prix de la citoyenneté.

« Bird est à mi-chemin entre le drame social et le conte poétique qui célèbre l’émancipation, la quête de soi et l’espoir », salue Valérie Donzelli, présidente du jury du Prix de la citoyenneté 2024. Dans le cadre de la « Carte Blanche », que les RCC ont confiée à l’association Clap Citizens Cannes, Bird d’Andrea Arnold, a été diffusé en avant-première. À cette occasion, le long-métrage a reçu le Prix de la citoyenneté en présence de ces promoteurs. Décerné pour la sixième année consécutive, ce prix, attribué par cinq jurés, récompense un film de la sélection officielle pour son engagement en faveur des valeurs citoyennes, son impact artistique et éthique. Avec Bird, la réalisatrice britannique, connue pour son cinéma réaliste, s’aventure pour la première fois dans le fantastique.

« Amour profond »
Des quartiers populaires, des habitants habitués à la débrouille, de l’espoir, mais aussi une misère inquiétante… Andrea Arnold brosse le portrait touchant d’une famille aux liens complexes. À 12 ans, Bailey vit dans un squat au nord du Kent, en Angleterre, aux côtés de son frère Hunter et de son père, Bug, un toxicomane qui les élève seul. « Ils sont démunis, certes, mais l’amour qui règne dans le cercle familial est profond. C’est pour cela que les messages de paix et d’humanité véhiculés par Bird correspondent à l’engagement citoyen de l’association », rapporte Valérie Donzelli. L’adolescente, en quête de sens et de liberté, croise la route de Bird, un jeune homme mystérieux. Comme elle, il cherche sa place dans un monde qui semble lui échapper. « Ce qui nous a frappé, c’est la poésie du film », poursuit Valérie Donzelli.

« L’oiseau, figure d’émancipation et d’espoir« 
Dans Bird, le volatile n’est pas qu’une simple présence. Il devient un personnage à part entière, il traverse le récit et incarne les aspirations de l’héroïne, Bailey. À travers le personnage Bird, créature mi-homme mi-oiseau, ou des nombreux oiseaux dans le film, ce symbole est omniprésent. « Ce n’est pas qu’un animal, c’est une figure d’émancipation et d’espoir », élargit la présidente du jury du Prix de la citoyenneté. « Il représente la possibilité pour chacun de s’élever au-dessus de ses difficultés ». En mêlant réalisme social et éléments fantastiques, Bird offre une vision à la fois réaliste et poétique de l’adolescence. Une œuvre touchante à découvrir en salle à partir du 1ᵉʳ janvier 2025.


Eloïse DUCHESNAY & Suzie FICHOT
édité par E.D

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