Depuis plus de 20 ans, Yann Maurice travaille en tant que conseiller à la Caisse d’Allocations familiales (Caf). Il passe ses journées au contact d’une grande diversité de gens au bureau d’Antibes pour les accompagner dans leurs démarches administratives. Rencontre avec ce conseiller engagé, offrant son expertise au service des usagers.

Quelle est l’essence de votre travail ?
« J’éclaire les usagers sur leurs droits : aides au logement, primes d’activité, mais aussi prestations pour les enfants et prestations pour le handicap. Je me déplace souvent dans les universités ou dans les salons pour sensibiliser toute sorte de public. »
Qu’est-ce qui vous a attiré vers ce métier ?
« Au début, j’avais juste besoin d’un travail. Quand j’ai commencé, j’étais au service courrier, puis j’ai évolué. J’ai fait une formation d’un an et demi pour devenir technicien. Mais je n’aimais pas être derrière un ordinateur, à m’occuper uniquement de traitement de dossiers. J’étais plus orienté vers l’accueil et la communication. C’est pour ça que maintenant, je fais partie de l’équipe d’accueil de la Caf des Alpes-Maritimes. J’aime surtout le contact avec les gens. »
Quels sont les aspects négatifs du métier ?
« La fatigue est, sans doute, le côté le plus négatif. Je passe toute la journée à courir pour traiter les différents dossiers. C’est épuisant. Je ne vois pas le temps passer. Il y a des périodes qui sont plus chargées que d’autres. Le début du mois est la période la plus difficile, beaucoup de monde nous sollicite. Physiquement, c’est fatiguant. Le seul autre aspect négatif est l’informatique. Je gère des logiciels qui sont assez compliqués à comprendre, il y a beaucoup de données. »
Faudrait-il augmenter le personnel pour réduire la charge des employés ?
« C’est une question compliquée. Il y a dix ou quinze jours par mois où nous sommes vraiment très chargés. Mais le reste du temps, nous sommes en effectif suffisant pour faire face à la demande que nous avons. C’est compliqué pour la direction d’estimer quand il y aura besoin de plus d’aide, mais ils font de leur mieux. En décembre, par exemple, une personne supplémentaire est venue dans le service pour nous aider. »
Vous vous occupez de beaucoup de gens, vous souvenez-vous d’une rencontre particulièrement marquante ?
« Récemment, j’ai aidé une dame qui avait des gros soucis dans son dossier. Elle est venue me voir plusieurs fois. Je me suis battu pour obtenir tous les documents nécessaires, son propriétaire ne voulait pas les fournir. Je suis même allé au-delà de ce que j’étais censé faire. Un jour, je m’occupais d’une autre personne et j’ai croisé cette dame à l’accueil. Quand elle m’a vu, elle m’a fait un câlin. Elle voulait me remercier de tout ce que j’avais fait pour elle. C’est extraordinaire de voir l’impact de mon travail sur la vie des gens. Le souvenir de cette scène me donne les larmes aux yeux. »
À l’avenir, comptez-vous toujours travailler à la Caf ?
« Je travaille à la Caf depuis le 22 octobre 2002. Je vais continuer jusqu’à ma retraite. Je me lève le matin avec plaisir, je ne vais jamais arrêter. »
Recueilli par Isabella MARCHIORON édité par Eloïse DUCHESNAY
