Le Fellini : un cinéma de proximité qui se démarque

Depuis 30 ans, à Villefontaine (Isère), le cinéma Le Fellini propose une alternative conviviale et engagée face aux grands complexes, avec une programmation variée et un lien fort avec son public.

William Benhamou responsable du cinéma Le Fellini à  Villefontaine. Photo Mathis Thomas

Implanté à Villefontaine, le cinéma Le Fellini accueille les visiteurs dans une ambiance conviviale et intimiste, loin de l’effervescence des grands complexes de cinéma. L’odeur du pop-corn, le murmure des discussions et les affiches soigneusement choisies créent une atmosphère authentique, où chaque détail reflète la passion pour le 7ᵉ art. Depuis 30 ans, cet espace de quatre salles défie les mastodontes de l’industrie cinématographique, en proposant une alternative engagée et amicale. « Nous ne cherchons pas à faire un cinéma commercial, notre objectif est de diversifier les regards, de proposer une pluralité de voix et de styles », affirme William Benhamou, responsable du Fellini. Cette philosophie, ancrée dans chaque décision de programmation, donne au Fellini une identité unique, presque résistante, dans un marché dominé par les blockbusters. 

Une programmation orientée vers la diversité 

Contrairement aux multiplexes qui diffusent en masse les superproductions, Le Fellini cultive une affiche variée. Labellisé Art et Essai, le cinéma reçoit des subventions qui lui permettent de projeter des films de réalisateurs indépendants. William Benhamou se félicite pour ce label, qu’il considère comme « une vraie réussite qui apporte non seulement des ressources, mais aussi une reconnaissance pour le cinéma ». Ce soutien permet au Fellini de valoriser le cinéma indépendant et les œuvres méconnues. « C’est nous qui choisissons la programmation », souligne-t-il, insistant sur l’importance de sélectionner des œuvres qui suscitent curiosité et échanges. 

Pour maintenir cet équilibre financier, le Fellini projette également des films grand public dont le succès aide à financer les autres projections. « Un film comme Venom qui va faire un grand nombre d’entrées, nous permet de diffuser d’autres films moins connus », ajoute le responsable du Fellini. Ainsi, même si la logique du cinéma ne suit pas les règles de rentabilité des grands complexes, elle s’appuie sur des choix équilibrés qui permettent de rester financièrement viable tout en répondant aux attentes d’un public varié. 

Un lieu d’échanges privilégié avec les spectateurs

L’âme du Fellini repose aussi sur la relation de proximité avec son public. Après les projections, il n’est pas rare de voir des visiteurs discuter avec l’équipe autour d’un verre, échangeant leurs impressions et émotions ressenties face au film. Pour William Benhamou, cet aspect convivial est essentiel : « Discuter avec les spectateurs avant et après la séance, c’est aussi une façon d’amener de la fidélité ».
Ce lien de proximité est renforcé par l’association locale Huit et demi, composée de cinéphiles qui organisent des soirées débats et des projections thématiques. Ce partenariat permet au cinéma d’animer des événements et de créer une dynamique locale rassemblant les amoureux du 7ᵉ art. « L’association amène du dynamisme et attire des cinéphiles pour partager des moments autour du cinéma », se réjouit le responsable du Fellini.

Fidéliser les jeunes et former le public de demain

Pour assurer la pérennité d’un cinéma local comme Le Fellini, il est essentiel d’investir dans la jeunesse. Tout au long de l’année, le cinéma organise des projections pour les écoles, de la maternelle au BTS, dans le but de sensibiliser les élèves à la richesse du grand écran. « L’éducation à l’image est primordiale, surtout aujourd’hui face aux plateformes de streaming », insiste William Benhamou. Ces séances permettent aux jeunes de découvrir la diversité des styles cinématographiques, de comprendre le langage de l’image et d’apprendre à apprécier les films en salle.
Le Fellini propose également un prix cinématographique pour les élèves du primaire, qui visionnent plusieurs films durant l’année et votent pour leur préféré. Selon William Benhamou, « cela leur donne envie de revenir, de développer leur goût pour le cinéma, et d’en faire des spectateurs fidèles ».

Une année réussie pour Le Fellini

Cette année, le cinéma a pu compter sur des réussites cinématographiques, notamment françaises, pour remplir ses salles. « Un p’tit truc en plus, on ne s’y attendait vraiment pas », se réjouit William Benhamou, qui voit le cinéma français retrouver de la couleur après des années plus compliquées.
En cette fin d’année, Le Fellini compte sur l’organisation du festival du cinéma italien qui aura lieu courant novembre, ou encore d’avant-premières de films japonais pour attirer un public curieux. Et ainsi faire découvrir des nouveaux styles cinématographiques.

Mathis THOMAS
édité par Eliott CARON

 

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