Grâce à une collaboration de journalistes du monde entier, l’affaire des Panama Papers a révélé des réseaux d’évasion fiscale impliquant des dirigeants et des personnalités influentes. Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a fait éclater au grand jour cette enquête, grâce à 370 journalistes, dont Sana Sbouai, qui nous explique l’importance de cette coopération entre journalistes.

La collaboration entre journalistes pourrait bien être l’avenir des grandes enquêtes internationales. Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), à l’origine des Panama Papers en 2016, en est la preuve. En réunissant 370 journalistes de 76 pays, l’ICIJ a permis de dévoiler et d’analyser 11,5 millions fichiers du cabinet panaméen Mossack Fonseca, révélant des sociétés offshore et des transactions financières cachées impliquant près de 140 dirigeants politiques, des célébrités et des criminels, selon l’ICIJ. Cette coordination sans précédent a été essentielle pour démêler les flux financiers transnationaux, comme l’explique Sana Sbouai, journaliste franco-tunisienne ayant participé à l’enquête.
Lors d’une conférence à l’école de journalisme de Cannes, la journaliste a souligné l’importance de cette coopération internationale. « Face à cette montagne d’informations, qui doivent être révélées au grand public, on comprend vite qu’on n’y arrivera pas seul. Il faut des journalistes capables de faire des liens avec ces données », précise-t-elle. De plus, la mise en réseau de journalistes venant du monde entier, permet de mettre en commun les connaissances de chacun sur son pays et ces spécificités, ce qui permet d’obtenir des informations locales précises et d’élargir l’angle de l’enquête.
« La coopération est l’avenir du journalisme »
C’est là où se trouve toute l’importance de L’ICIJ, fondé en 1997 par le journaliste américain Charles Lewis, incarne cette vision du journalisme « chien de garde », qui se concentre sur les abus de pouvoir tels que la corruption ou la criminalité transfrontalière. Basé à Washington, le consortium regroupe 190 journalistes de 65 pays, communiquant de manière sécurisée grâce aux technologies de chiffrement, indispensables pour protéger les sources et les données sensibles.
Le journaliste de France Inter Pierre Haski souligne l’ampleur de cette collaboration lors de l’enquête des Panama Papers : « Des dizaines de médias dans plus de 60 pays ont échangé de façon chiffrée pour aboutir à des résultats d’intérêt public. Ce sont des moyens qu’une rédaction individuelle dans un seul pays ne pourrait mobiliser. » Selon Gérard Ryle, directeur de l’ICIJ, « la coopération est l’avenir du journalisme ». Une vision confirmée par le Pulitzer qui a salué l’impact mondial de l’enquête des Panama Papers révélé par l’ICIJ. Sana Sbouai reconnaît l’importance d’unir ses forces « afin d’avoir plus d’impact à la sortie de l’enquête, car sans le soutien de grands médias et des journalistes, ces informations ne pourraient pas être diffusées à grande échelle. »
Valentine FOUREAU
édité par Axel DUMOND
