La nuit du 25 octobre 2024, dans un bus de nuit vers Colmar, Camille Michelle s’est fait voler son téléphone en Italie, alors qu’elle dormait. Un cas loin d’être isolé.

Il est deux heures du matin. Le bus de nuit est silencieux, tout le monde dort. Soudain, un cri traverse le bus. Camille Michelle vient de comprendre : son téléphone a disparu. Le car s’était brièvement arrêté à Gênes en Italie. La jeune étudiante de 21 ans, encore sous le choc, raconte : « Je dormais quand un homme a poussé mes affaires, ce qui m’a réveillée. Naïvement, j’ai pensé qu’il voulait de la place. Il agissait étrangement, et quand il est descendu, j’ai réalisé qu’il m’avait volé quelque chose ». Elle ajoute : « Je n’ai même pas eu le temps de mettre mes chaussures qu’il était déjà parti avec mon téléphone ». Les conducteurs tentent de contacter les autorités italiennes, mais il est déjà trop tard. Camille comprend qu’elle ne reverra plus son téléphone. À bord, tous essaient d’aider la jeune fille. Rapidement, avec l’aide des passagers, elle parvient à bloquer son téléphone à distance afin que le voleur ne puisse pas lui dérober d’argent ou ses données personnelles.
Les bus de nuit : un terrain de chasse pour les voleurs de téléphones
Les voleurs adoptent un mode d’agissement millimétré. Ils se rendent aux gares de bus la nuit et montent uniquement s’il y a beaucoup d’allers et venues. Ils profitent de l’inattention des conducteurs pour entrer dans le bus. Alors que leurs victimes dorment, ils prennent les téléphones et n’hésitent pas à fouiller dans les poches des vestes. Comme tout le monde somnole et qu’il fait noir, personne ne remarque leur présence. Ils sortent rapidement du bus en prétextant avoir oublié quelque chose dans leur valise. Dès qu’ils s’éloignent, ils éteignent les téléphones pour empêcher les victimes de les localiser.
Ce problème touche de nombreux voyageurs
Le cas de Camille n’est pas isolé. En sanglots, la conductrice du bus vient la réconforter : « Il y a quelques mois, je contrôlais les tickets des passagers lorsqu’un homme est entré dans le bus et a volé mon téléphone qui se trouvait sur le tableau de bord ». Une autre passagère lui apporte son soutien : « Il m’est arrivé la même chose quand j’ai traversé la France en bus de nuit », elle ajoute, « Les compagnies devraient faire quelque chose, vu le nombre de fois où cela arrive ». En déposant sa plainte à l’hôtel de ville de Strasbourg, le policier qui l’accueille évoque « Un véritable fléau des vols de téléphones dans les bus de nuit ». Il précise, « Ces bus de nuit sont une horreur. Il n’y a pas de vidéos de surveillance, donc il est impossible d’identifier les voleurs ».
Un phénomène répandu en Italie
La conductrice est claire « C’est à Milan et Gênes, en Italie, que ces problèmes arrivent le plus souvent ». En Italie, les réseaux de pickpockets organisés sont devenus un problème sérieux, particulièrement dans les transports. Le policier français explique : « Ces réseaux sont souvent connectés entre plusieurs villes européennes, comme Rome, Milan, Paris ou Barcelone, et tirent parti de la libre circulation au sein de l’Union européenne pour organiser leurs activités dans les principales destinations touristiques ». Il ajoute, « Les forces de police locales italiennes sont conscientes de cette dynamique, mais ces réseaux sont discrets et mobiles, cela rend leur démantèlement difficile. Parfois, des familles entières sont impliquées, et le vol devient un moyen de subsistance intergénérationnel ».
Un regard optimiste
Quelques heures après l’incident, Camille a réussi à relativiser : « Heureusement qu’ils n’ont pas pris mon portefeuille ». Elle ajoute : « Si j’avais eu mon téléphone, je n’aurais peut-être pas autant profité des montagnes suisses ». Tout au long du trajet, de nombreux passagers lui ont apporté leur soutien : certains ont prêté leur téléphone, d’autres ont appelé la police avec elle, et des personnes venaient lui parler lors des pauses.
La compagnie décline toute responsabilité
BlaBlaCar répond : « Tout objet voyageant en cabine et non en soute reste sous la responsabilité et la surveillance de son propriétaire pendant toute la durée du voyage, y compris lors des pauses. Par conséquent, la responsabilité de BlaBlaCar ne peut être engagée dans ce cas ». Mais pour Camille, « Cette réponse est un peu facile. La compagnie est bien informée de ces nombreux vols. Elle pourrait au moins diffuser un message de prévention à chaque pause » !
Émilie MORITZ
édité par E.C
