Le sport automobile se dirige vers une révolution verte

Longtemps associé à la puissance des moteurs à combustion interne et aux fortes émissions de carbone, le sport automobile entame lentement, mais significativement, une transition écologique. Tous les acteurs de ce sport historique ont leur rôle à jouer.  Les efforts sont faits à différents niveaux, les protagonistes ont pris conscience de l’urgence causée par le changement climatique et s’efforcent de faire évoluer le sport vers un modèle plus durable.

Le sport automobile souhaite davantage s’investir dans l’écologie. Photo DR

Le sport automobile est logiquement associé comme le sport le plus polluant. En effet, le CO2 que dégagent les moteurs ne fait pas bon ménage avec une volonté de durabilité.  Pour autant, l’ensemble des acteurs de ce sport tentent de réduire leur impact. Cette prise de conscience s’effectue à plusieurs échelles.  

Les fédérations internationales jouent un rôle important dans cette transition écologique. Par exemple, la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA) a fixé des objectifs ambitieux pour réduire les émissions de carbone des compétitions : selon Jean Todt, ancien président de la FIA, « le sport automobile doit assumer ses responsabilités et montrer l’exemple aux autres industries : d’ici à 2030, nous devons être neutres en carbone ». En ayant l’objectif ambitieux d’une neutralité en 2030, la FIA incite les constructeurs, mais aussi les mécaniciens et même les pilotes, à se pencher sur la question environnementale. En 2008, la FIA a lancé la campagne Make Cars Green, une charte qui vise à réduire l’impact du sport automobile sur la planète.

Un championnat électrique

Un exemple de cet engagement est la création de championnats dédiés aux courses électriques, comme la Formule E et l’Extrême E. Attirant un public international, la Formule E est considérée comme un terrain d’essai pour l’innovation en matière de technologie des batteries et de moteurs électriques. « La Formule E n’est pas seulement une compétition, c’est un vecteur de changement. Nous montrons que le sport automobile peut être respectueux de l’environnement tout en étant passionnant et attrayant pour les gens », déclarait Alejandro Agag, fondateur de la Formule E au micro de Canal +. 

Une seconde vie pour les pneus 

Le monde de la Formule 1 est très énergivore de pneus. Le fournisseur historique Pirelli n’en distribue pas moins de 35 000 par saison. Le budget total des pneumatiques s’élève à près de 52 millions d’euros. Cet outil indispensable des sports automobiles peut être très polluant s’il est mal recyclé. Depuis 2002, le fabricant italien de pneus Pirelli a trouvé une solution pour leur donner une seconde vie. Après chaque week-end de Grand Prix, que ce soit en Formule 1 ou dans les catégories inférieures (Formule 2, 3 et  4), les pneus sont acheminés dans une usine au Royaume-Uni. Ils sont alors brûlés à 1400 degrés, température à laquelle la combustion ne dégage pas de fumée toxique. Les résidus des pneus recyclés sont ensuite utilisés comme carburant pour des usines fabriquant du ciment. Pour le moment, cette pratique est uniquement utilisée pour les pneus sportifs.

Lewis Hamilton, pionnier de la lutte pour l’écologie

Les pilotes jouent également un rôle important dans la sensibilisation du public au sport automobile et dans la promotion d’une approche plus écologique. Le septuple champion du monde de Formule 1 Lewis Hamilton est l’un des pionniers de cette sensibilisation. En 2020, il a annoncé qu’il s’engageait à passer au végétarisme et à l’agriculture biologique. Le pilote britannique a déclaré, « Je m’engage à utiliser ma voix et mon influence pour sensibiliser les fans de Formule 1. » Cette initiative a été soutenue par de nombreux pilotes.

Les circuits de course eux-mêmes adoptent également des pratiques plus respectueuses de l’environnement dans l’organisation de leurs événements. Par exemple, Silverstone, au Royaume-Uni, a été le premier circuit à introduire une politique « zéro plastique » et à installer des bornes de recharge électrique pour les véhicules des concurrents et les spectateurs. Stuart Pringle, directeur du circuit de Silverstone, a expliqué en conférence de presse que « le circuit est au cœur de l’expérience du sport automobile et, en tant que site hôte, nous avons le devoir de promouvoir des pratiques respectueuses de l’environnement et d’éduquer les spectateurs ».

Des efforts plus difficiles à petite échelle 

Les efforts fournis sont plus difficiles à effectuer. Dans le Gers, le circuit Paul Armagnac à Nogaro accueille régulièrement des passionnés pour se tester sur l’asphalte. La directrice du circuit Caroline Diviés souligne cette difficulté : « Nous, notre principale source de pollution, n’est pas liée au CO2, mais elle est plutôt sonore et c’est sur cet aspect qu’on tente de travailler. » Situé dans le centre de la ville de 2200 habitants, le circuit gène surtout pour son bruit. La direction du circuit tente d’y remédier en utilisant des créneaux “moins dérangeants pour les habitants”, selon Caroline Diviés.

Baptiste CHARDELIN
édité par Suzie FICHOT

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