Le musée de la gendarmerie et du cinéma, lieu incontournable à Saint-Tropez

Connu principalement pour son apparition dans la saga des Gendarmes de Saint-Tropez, le musée retrace l’histoire du cinéma dans la Ville. Pendant quelques heures, décors, costumes, gadgets, témoignages de personnalités plongent les visiteurs dans le monde du 7e art. 

Le musée de la gendarmerie et du cinéma se trouve sur la place Blanqui à Saint-Tropez. Photo T.B. 

« Douliou-douliou-douliou Saint-Tropez ». À peine le portique d’entrée passé que l’air résonne déjà dans les oreilles. « On est direct dans l’ambiance du film », se réjouit Jules, un visiteur. Suite aux tournages du Gendarme de Saint-Tropez avec Louis de Funès, la gendarmerie, aujourd’hui musée de la gendarmerie et du cinéma, est devenue un lieu incontournable pour les touristes de la Côte d’Azur. « La scénographie plonge le visiteur dans une époque qui évoque l’insouciance, la fête, les stars, la modernité à travers des décors, des témoignages, des extraits de films », décrit Laurence Durieux, directrice du musée. 

« Les films du Gendarme ont modifié l’image de la ville »

Pour fêter les soixante ans de la saga et les 110 ans de Louis de Funès, le musée propose l’exposition « Garde à vous ! », jusqu’au 9 mars 2025. L’exhibition guide le visiteur dans les univers du Gendarme de Saint-Tropez avec des photos du tournage, des biographies pour chacun des acteurs… Les costumes portés par Les Gendarmes, leurs cartes de sous-officier sont également exposés ainsi que le matériel utilisé pour les films – caméras, micros -. Côté automobile, le capot de la Méhari et une réplique de la fameuse Mustang rouge, première importée en France, sont présents dans l’exposition. 

« Les films du Gendarme ont permis de modifier l’image de la ville en la rendant plus populaire et accessible à toutes les strates sociales. La saga fait partie des plus longues productions avec six épisodes en dix-huit ans. Elle a largement participé à l’engouement des visiteurs qui venaient d’abord pour voir la façade de la gendarmerie », affirme la directrice. 

« Ça fait découvrir un élément de culture aux nouvelles générations »

Le musée ne se cantonne pas aux tournages des Gendarmes. Il consacre des espaces à l’histoire de la gendarmerie en évoquant la construction du bâtiment, la première brigade présente, etc. Un récit que Laura, venue de Marseille, prend le temps d’apprécier : « C’est la première fois que je viens dans ce musée. Mon père était gendarme et adorait ce type de films que j’ai toujours regardé. On se projette bien et c’est intéressant de découvrir tout cela. »

« Le rôle du musée est de transmettre et de préserver le patrimoine à travers ses collections. Ici, les visiteurs découvrent l’histoire de la Gendarmerie et en particulier de la brigade de Saint-Tropez à travers la réalité et la fiction qui se chevauchent parfois », explique Laurence Durieux. « J’adore le musée ! C’est ludique, il y a pleins d’objets à manipuler. Ça fait découvrir un élément de culture aux nouvelles générations », s’enthousiasme Erwin, 20 ans, venu visiter le bâtiment. 

La collection du musée comprend des acquisitions ou emprunts auprès de collectionneurs privés ou d’institutions telles que les Archives de Vincennes, la Commission du Film du Var, la Société nouvelle de cinématographie et l’Institut Lumière à Lyon. Elle comprend également des témoignages d’acteurs et réalisateurs présents sur les tournages dans la ville, tels que Babeth Étienne, Jane Birkin ou encore Richard Balducci. 

En moyenne, 140 000 visiteurs par an – depuis le Covid – viennent découvrir l’histoire du cinéma tropézien, avec une plus forte fréquentation d’avril à octobre. Les touristes sont en majorité français mais l’histoire des Gendarmes attire aussi à l’étranger. Un tiers des visiteurs sont allemands, polonais, belges ou encore tchèques. 

Brigitte Bardot, symbole du cinéma tropézien 

« Saint-Tropez est un plateau de tournage à ciel ouvert. Elle bénéficie d’une histoire, de paysages préservés, d’un climat, de la lumière et du mythe. Une petite centaine de films ou séries ont été tournées à Saint-Tropez depuis les années 30 », raconte Laurence Durieux. Et parmi ces films, un incontournable : Et Dieu créa la femme (1956), réalisé par Roger Vadim. Ce film est considéré comme celui ayant lancé le cinéma à Saint-Tropez mais surtout comme celui qui a contribué à faire de Brigitte Bardot un sex-symbol. 

Les différents espaces du musée évoquent l’histoire de la grande actrice qui a un lien avec Saint-Tropez depuis son enfance et qui possède « La Madrague« , une maison qu’elle a habitée et qui aujourd’hui est un don à la Fondation Brigitte Bardot

L’inauguration de la statue s’est déroulée le 28 septembre 2017, jour de l’anniversaire de Brigitte Bardot. Photo T.B.

Sur la même place que le musée se trouve une statue de l’actrice. L’œuvre a été édifiée en 2017 pour lui rendre hommage. La statue s’inspire d’une aquarelle du maître italien de la bande-dessinée érotique Milo Manara représentant la star. « C’est l’un des plus grands illustrateurs au monde. Il est et restera à jamais le seul à avoir relié Brigitte Bardot à un artiste, confie Alexandre Millon, commissaire-priseur ayant offert la statue à la Ville. Elle est placée dans la plus belle vitrine du monde et depuis, la sculpture est devenue un lieu de pèlerinage. » L’imposante statue pèse 700 kilogrammes et mesure 2,5 mètres de haut. Elle a été parée de quatorze mille feuilles d’or en 2021.

Tiphaine BERNARD

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