La pression du sport de haut niveau affecte autant le corps que l’esprit des athlètes. Marc-Antoine Olivier, nageur olympique, évoque l’importance de la préparation mentale pour performer. Un sujet longtemps tabou qui prend aujourd’hui de plus en plus de place, notamment avec les Jeux Olympiques de Paris 2024.

La quête de l’excellence broie les corps, mais aussi les esprits. Derrière les compétitions, la santé mentale de certains sportifs vacille. Le sport de haut niveau impose une pression immense : l’entraînement quotidien, la peur de l’échec, les attentes des médias et des sponsors, la solitude. Pour Marc-Antoine Olivier, nageur français médaillé olympique, cette réalité fait partie du quotidien. Comme tant d’autres athlètes, il doit jongler entre performance et bien-être mental dans un environnement où la faiblesse est rarement tolérée.
Un sujet tabou dans le sport de haut niveau
Les athlètes de haut niveau souffrent autant, sinon plus, que la population générale de troubles psychologiques. Une étude menée par Harris Interactive en partenariat avec la Fondation FondaMental et l’INSEP révélait ces chiffres en 2024 : 17 % des jeunes sportifs présentent des signes de dépression modérée à sévère, 24 % souffrent de troubles anxieux généralisés et 44 % luttent contre des troubles du sommeil. Dans un univers où la performance est reine, exprimer un mal-être reste difficile. « S’il y a 4-5 ans, j’avais dit que j’étais suivi par un psy, on m’aurait pris pour quelqu’un de pas très bien dans sa tête », affirme Marc-Antoine Olivier, champion de nage en eau libre. Selon lui, la question est de la santé mentale est longtemps restée “taboue” dans le sport de haut niveau français.
Se préparer mentalement aux entraînements
Lui, a ressenti le besoin d’être entouré deux ans après sa première participation à des Jeux Olympiques. “J’ai commencé mes premières séances en 2018”, précise le nageur. Au-delà de la pression à gérer, ces consultations venaient en appui pour canaliser son énergie : “c’était une période de ma carrière où quand je faisais des courses, j’étais très nerveux”.
La préparation mentale vient alors s’ajouter à l’habituelle préparation physique. Marc-Antoine Olivier l’affirme sans hésitation : “si vous êtes bien dans la tête, c’est plus facile de performer dans le sport”. La gestion du stress, la concentration et la confiance en soi sont des facteurs qui peuvent faire la différence lors de compétitions de haut niveau. Et le travail psychologique ne se limite pas à la compétition elle-même. Comme il le souligne : “moi, c’est plus dans la période de l’entraînement que j’en ai besoin.”
Dans des disciplines comme la natation, où l’effort physique est souvent long et solitaire, l’aspect mental est crucial. Préparer un corps à nager pendant des heures, mais surtout à maintenir une intense concentration, exige une préparation psychologique spécifique. Pour se “préparer psychologiquement à faire un effort de 2h” le nageur olympique est donc accompagné. Cet équilibre entre le corps et l’esprit devient déterminant pour éviter le burn-out ou la chute de motivation.
Une avancée avec les JO de Paris
Longtemps ignorée, la santé mentale des athlètes devient enfin un sujet central. Avec les Jeux Olympiques de Paris en 2024, la parole s’est libérée. De plus en plus de sportifs osent témoigner de leur souffrance. La gymnaste Simone Biles s’était par exemple retirée des compétitions pour des raisons de santé mentale avant de revenir briller à Paris 2024 et remporter l’or. Marc-Antoine Olivier salue cette évolution : “c’est bien, parce que ça commence à faire bouger les choses.”
L’évènement sportif détenait aussi un espace dédié à la santé mentale, appelé “Athlete365 Mind Zone”. Il a permis aux sportifs d’échanger avec des professionnels et de se préparer mentalement à la compétition.
Victor DELFOUILLOUX
édité par Sam DELAUNAY
