Le dimanche 20 octobre dernier, l’association Surf Rider a mobilisé des bénévoles à Mandelieu-La-Napoule. Ils interviennent pour retirer les débris, ramenés par les intempéries, qui menacent le monde aquatique.

Ces dernières semaines, des tempêtes ont transformé les plages de la Côte d’Azur en étendues jonchées de débris. Pour l’organisme Surf Rider, cette situation représente une opportunité : « Une fenêtre est ouverte : il faut retirer le plus de détritus possible avant qu’ils ne repartent en mer », encourage Laura Pizzaferri, membre de l’association. « Nous organisons régulièrement des collectes pour sensibiliser sur les ordures qui finissent sur le sol, et qui rejoignent l’océan, si elles ne sont pas ramassées », ajoute-t-elle. Ce dimanche, c’est Mandelieu-La-Napoule la cible de cette initiative. « Nous choisissons des endroits très visités où l’accumulation de déchets est fréquente », indique la bénévole. Elle précise : « le chemin entre la plage du château et celle de la Raguette n’est pas entretenu par la mairie, alors le ramassage repose uniquement sur les initiatives citoyennes ». La collecte est alors lancée : « Vous avez une heure ! », annonce la présidente aux volontaires.
Un engagement personnel pour l’océan
Pénélope Diaz, étudiante en design durable, originaire d’Hawaï, participe avec enthousiasme : « L’océan me tient à cœur, et j’essaie d’aider autant que possible, notamment en protégeant nos magnifiques plages. J’ai fait partie du comité de Surf Rider dans mon ancienne université. À mon arrivée en France, j’ai voulu m’impliquer en prenant part à divers nettoyages comme celui d’aujourd’hui », explique la jeune femme. À l’issue de cette action, elle confie : « Cet après-midi, j’ai vraiment pu me connecter avec la nature. C’est gratifiant de sentir que je contribue à quelque chose de concret ».
« C’est mégots-land »
Au début de la collecte, Laura Pizzaferri avait prévenu les participants : « La plupart du temps, les plages sont jonchées de mégots. C’est mégots-land ». Pourtant, les résultats de cette journée l’ont étonnée : « Habituellement, le résidu de cigarettes est le déchet numéro un. Aujourd’hui, étrangement, il y en a peu. C’est peut-être lié à l’interdiction de fumer sur cette plage de mi-mai jusqu’au 30 septembre ». En revanche, un autre type de détritus a marqué une volontaire, Simran Rosborough, étudiante américaine de 21 ans : « J’ai été surprise par la quantité de polystyrène, éparpillé partout et difficile à ramasser. Des centaines de morceaux se fondaient dans les végétaux. Nous pourrions passer des heures à tout récupérer ». « Il provient probablement de rejets de pêche ou d’emballages », lui explique la représentante de l’association. Elle poursuit : « Nous trouvons toujours des objets qui sortent de l’ordinaire comme ces balles de tennis, ce transat ou encore cette bouteille d’hélium ».
Simran Rosborough, bénévole, raconte sa motivation à participer : « La plage est l’un de mes endroits préférés, alors j’ai choisi de faire cette action parce que je sais que la santé des océans est en danger. Et puis, c’était aussi une excuse pour passer du temps avec mes amis tout en aidant la planète ». Elle nuance toutefois son enthousiasme : « Il nous faut intensifier nos efforts. Certains progrès ont été réalisés, mais le chemin est encore long. Les entreprises peinent à assumer leur responsabilité écologique et tentent trop souvent de verdir leur image, sans véritable impact ».
Un engagement à l’échelle européenne
Une fois le nettoyage terminé, l’équipe et les participants les plus déterminés procèdent au tri des déchets par catégories, avant d’envoyer un rapport à Surf Rider Europe. « De nombreuses initiatives locales existent, non seulement en France, mais aussi dans d’autres pays où l’association est implantée », souligne la bénévole. Elle développe : « Le but est de créer une base de données qui permettra d’exercer une influence au niveau politique européen. » Par exemple, l’interdiction des pailles en plastique a été rendue possible grâce à ces actions. « Tout le monde peut participer aux Initiatives Océanes de Surf Rider en demandant à recevoir un kit comprenant une pince, des gants et des sacs », précise-t-elle.
L’organisation s’illustre également dans d’autres domaines. « En dehors des collectes, nous intervenons sur plusieurs événements avec des stands de sensibilisation. Nous organisons des ateliers et des jeux afin d’éduquer sur la pollution des océans, qu’il s’agisse de détritus, de contamination chimique ou bactériologique. Nos activités s’adressent aux enfants comme aux adultes, afin d’informer et de mobiliser le plus grand nombre », conclut Laura Pizzaferri.
Margot LEMOINE
édité par E.M.
