Marc-Antoine Olivier : garder la tête hors de l’eau 

Entre entraînements intensifs, compétitions internationales et pression des résultats, Marc-Antoine Olivier, nageur en eau libre, doit aussi gérer son équilibre mental. De son suivi psychologique à ses stratégies pour rebondir après une déception, il partage ses clés pour préserver son équilibre.

“Il ne faut pas hésiter à en parler, à s’entourer. La santé mentale est encore trop taboue en France.” Photo Valentine Foureau

Les Jeux olympiques sont le rêve ultime de tout athlète. Pourtant, la ligne d’arrivée ne se franchit pas toujours comme espérée. Aux JO de Paris 2024, Marc-Antoine Olivier termine à la 7ᵉ place, un classement loin de ses ambitions. « C’était une grosse déception”, confie-t-il. Plutôt que de s’enfermer dans la frustration, il choisit de couper un mois, direction l’île Maurice. “J’ai un entourage qui m’a permis de passer à autre chose”, explique-t-il. Mais pas question de rester sur un échec : “Je savais qu’après, j’avais le circuit du Tour du Monde.”

“L’équilibre, on l’acquiert au fur et à mesure des années.”

Si la natation est son quotidien, Marc-Antoine Olivier sait que son bien-être ne dépend pas uniquement de ses performances dans l’eau. 

“L’équilibre, on l’acquiert au fur et à mesure des années. Ce dont j’avais besoin à 18 ans, ce n’est plus la même chose qu’à 28 ans.” Son retour en France, après plusieurs années en Italie, s’inscrit dans cette recherche d’équilibre : “Je suis revenu vivre avec ma copine, parce que si l’on est bien dans la tête, c’est plus facile de travailler, de récupérer et de performer.”

La santé mentale dans le sport reste selon lui “un sujet encore tabou en France”. “Il y a 4 ou 5 ans, si je disais que je voyais un psy, on m’aurait pris pour quelqu’un de pas bien dans sa tête”, raconte le nageur. “Je peux avoir un psy pendant une compétition, parce qu’effectuer un effort de 2 h, même si je m’entraîne physiquement, il y a toujours l’aspect psychologique. Le corps peut être prêt, mais pas la tête.” 

Hors des bassins, d’autres facteurs entrent en jeu : “Problèmes familiaux, de partenaire, de budget… Le mieux, c’est d’être accompagné au maximum.” Mais ce soutien n’est pas toujours institutionnalisé pour les sportifs de haut niveau. “On n’est pas considéré comme pro, on fait nos propres recherches”, souligne le nageur, qui finance lui-même ses séances. 

“Il y a des périodes où c’est plus difficile d’être assidu, de me lever le matin.”

S’il y a des moments où le besoin d’un accompagnement psychologique se fait plus pressant, c’est bien pendant la préparation. “Je suis un compétiteur, ce qui me plaît, c’est d’aller gagner des courses, mais malheureusement, ça passe par l’entraînement.” Trouver la motivation pour s’entraîner quotidiennement reste un défi : “Il y a des périodes où c’est plus difficile d’être assidu, de me lever le matin. C’est à ce moment-là que j’ai besoin d’être accompagné.”

La natation en eau libre ne laisse pas de place à l’improvisation. Chaque détail compte, de la météo à la trajectoire en passant par l’hydratation. Ce qui rajoute une charge mentale supplémentaire. “Il faut mettre en place des stratégies avant les courses. Se demander quelle est la meilleure tactique pour aller chercher la victoire. » Avec les années, le nageur a trouvé une approche plus saine de la compétition. “Maintenant, je me dis qu’à chaque compétition internationale, tout ce que je gagne, c’est du bonus. Je prends ça comme un jeu.”

Objectif Jeux olympiques de Los Angeles en 2028

Avec une vingtaine de médailles d’or dans sa carrière, Marc-Antoine Olivier ne compte pas s’arrêter là. L’objectif ? Les championnats d’Europe à Paris et les JO de Los Angeles en 2028. En attendant, il continue de perfectionner sa préparation physique et mentale, tout en savourant les petits plaisirs qui lui permettent de s’évader. Ses péchés mignons ? Le padel et “manger au restaurant”, car ça “manger, j’adore ça”, s’amuse-t-il.

Marilou DURANDO
édité par Eva CHASTAGNIER

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