À Canneseries, “L/over” expose les pièges de l’emprise amoureuse

Nommée en compétition au festival des séries à Cannes, “L/over” a été diffusée au Palais des Festivals ce vendredi 25 avril. La série finlandaise pointe du doigt la toxicité de certaines relations amoureuses et ses mécanismes dans un cadre scandinave.

L’équipe de tournage présent lors de la 8e édition de Canneseries. Photo Eliott Caron

Ils sont arrivés les uns après les autres, tout sourire, devant les quelque 800 curieux venus découvrir leur série. Pas habituée à ce genre de cérémonie, à l’image du réalisateur Aleksi Salmenperä qui manquait la rangée de sièges qui leur était attribuée, l’équipe de tournage finlandaise de L/over a ensuite visionné les deux premiers épisodes de leur série, en compétition à Canneseries. À la fin de la diffusion, ils ont ensuite profité d’une deuxième ovation. Les sourires ont été accompagnés par des larmes d’émotion et de fierté. 

À l’instar du film français L’Amour et les Forêts” avec Virginie Efira (2023), la série finlandaise traite d’un thème particulier, celui de l’emprise dans le couple. Également tourné dans un cadre naturel, l’histoire met en lumière Roosa, éditrice, qui rencontre l’écrivain Juha Siren. Très vite, une ambiguïté s’installe entre les deux personnages, laissant place à une relation amoureuse. Plusieurs signes, d’abord implicites, deviennent clairs par la suite et montrent que Juha exerce une pression constante sur Roosa. Une tension croissante qui réussit à mettre les spectateurs mal à l’aise devant cette relation malsaine.

« L’atmosphère est très pesante, c’est réussi pour ça », confie Elia, membre du jury lycéen de Canneseries, à la sortie du visionnage. « On n’a pas eu le temps de s’attacher à leur relation et à comprendre pourquoi elle est tombée dans cette relation toxique », tempère-t-elle. « C’est dommage qu’on voie trop vite le personnage sous son mauvais angle », confirme Camil, également membre du jury lycéen, qui désignera sa série préférée à la fin du festival. Pour Yasmin, touriste allemande, l’avis est tout autre : « Cette série est super bien, je veux voir les prochains épisodes. C’est très intéressant et les acteurs sont incroyables. »

À seulement 100 mètres du Palais des festivals, l’équipe de tournage nous donne rendez-vous pour un entretien au Majestic, hôtel luxueux à Cannes. Décontracté et souriant, réalisateur, créatrices, scénariste et acteur s’installent sur plusieurs fauteuils, juste devant un panneau à l’éfigie de Canneseries. À propos du titre « L/over », la créatrice Marika Makaroff répond instantanément : « On voulait absolument avoir le mot « Love » dedans, puis nous voulions aussi faire comprendre que l’amour a une fin, surtout dans les relations toxiques ». 

La série L/over est tirée d’une histoire vraie, celle de sa créatrice ayant vécu une relation amoureuse également toxique. “Pendant des années, j’avais honte d’avoir vécu cette vie, et j’ai lu le livre de Nina Honkanen « Running Aground » et j’ai réalisé que même si toutes les relations toxiques sont différentes, les motifs sont toujours les mêmes”, note Marika Makaroff. Les deux femmes se sont associés pour faire naître cette série avec le réalisateur Aleksi Salmenperä et la scénariste britannique Frog Stone. 

« On voulait faire une série dans laquelle les gens pouvaient voir ces mécanismes, pour que ceux qui vivent dans ces relations toxiques se demandent s’ils sont dans une relation saine”, poursuit Marika Makaroff. 
Dans L/over, Jani Volanen incarne Juha Siren, accompagnée de Krista Kosonen dans le rôle de Roosa, déjà récompensée à Canneseries avec le prix de la meilleure interprétation en 2021 dans Mister 8. « C’était facile de travailler avec elle, ça fait 20 ans qu’on se connaît, et on a déjà travaillé ensemble », explique l’acteur finlandais, également associé à Krista Kosonen dans Dogs don’t wear pants (2020). « J’ai eu tous les acteurs que je souhaitais pour cette série », se réjouit le réalisateur de L/over.

L’équipe de tournage devra attendre la fin du festival, le 29 avril, pour savoir si, parmi les huit en compétition, elle remporte le prix de meilleure série.

Nathan Beaufils & Eliott Caron

édité par E.M.

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