August Frisk, portrait d’un pilote acharné

Encore adolescent, August Frisk est déjà considéré comme un espoir du motocross européen.
Entre blessures, persévérance et sacrifices, le jeune pilote suédois file à vive allure, porté par un mental d’acier et un entourage soudé.

« Quand je m’élance sur les pistes, c’est la meilleure sensation au monde », décrit August Frisk. Photo : A.F.

À 17 ans, derrière ses yeux bleus perçants et ses traits juvéniles, August Frisk incarne force et ambition. En un an, il s’est hissé dans le top 10 de l’EMX250, devenant un des espoirs les plus prometteurs de Suède. La saison 2024 s’annonçait prometteuse pour l’adolescent, qui venait de débuter son contrat avec le team français GT racing et le soutien de KTM Scandinavia. Elle s’est
malheureusement achevée plus tôt que prévu après une blessure au genou lors de sa dernière course, en août 2024, lors du championnat d’Europe pour son grand prix chez lui, en Suède. Une grosse
déception qui ne l’a pas abattu. « Je sais que j’étais capable de mieux. Si je pouvais revenir en
arrière, je ne laisserai pas celui qui m’a percuté me mettre à terre ».

Un accident qui aurait pu être mortel

Le jeune homme n’en est pas à sa première blessure. En juillet 2023, une chute au championnat du monde junior en Roumanie l’a fait frôler le drame. Tombé sur la poignée de son guidon lors d’un saut, il se perfore l’estomac. Ses lésions lui valent un long séjour en soins intensifs en Roumanie puis en Suède. « C’est la pire douleur que j’aie ressenti », confie-t-il. Cet accident, qui aurait pu lui coûter la vie, ne l’a pourtant pas détourné de la moto. « Je ne voulais pas m’arrêter là et me retrouver dans 50 ans à me demander ce qui aurait pu se passer si j’avais persévéré ». C’est à cette période qu’il engage son nouveau préparateur physique, Aurélien Lacour. Ensemble, ils travaillent sur les points faibles du pilote. « Sa détermination, qui est son atout, peut devenir un défaut quand il s’entête et ignore ses ressentis. Mon rôle est de le réguler et de lui apprendre à s’écouter »,
explique son préparateur. Inarrêtable, August remonte en selle deux mois après l’accident et retrouve les circuits dès novembre.

La motocross dès 4 ans

Dresser son portrait, c’est raconter la vie d’un pilote qui, du haut de son 1,76 m, ne recule devant
rien pour atteindre ses objectifs. Celle d’un jeune homme touchant, dévoué à son sport et à sa famille. À quatre ans, il monte sur sa première motocross, suivant les traces de son père, Andreas, pilote amateur qu’il admire. Ils roulent ensemble sur les pistes, mais ce n’est qu’à 12 ans qu’August envisage la discipline plus sérieusement. « Mon père aimait bien avoir quelqu’un avec qui s’entraîner. J’étais un peu une version miniature de lui », se remémore-t-il avec douceur. Andreas ne roule plus, mais il n’a pas arrêté d’accompagner son fils sur les circuits. August le sait, sa réussite repose aussi sur son cercle familial très soudé : ses parents et sa sœur le suivent à chaque course. « Je ressens une immense fierté qu’August en soit arrivé là. Ce qu’il fait chaque jour forge son caractère et fait de lui une personne plus forte, autant physiquement que mentalement », confie sa
mère. Le pilote ne rêve pas de gloire, mais de réussite. Dans tout ce qu’il fait, il s’attache à dépasser ses
limites. Son but ultime depuis qu’il est enfant ? Gagner un championnat du monde pour la Suède.
Pour cela, il s’entraîne dur avec un ancien vice-champion du monde de la discipline, Steven
Frossard, qui travaille en collaboration avec son coach. « Son talent premier, c’est sa capacité de travail. Il n’est pas encore le meilleur en technique, mais il progresse et commence à combler ses lacunes », souligne Aurélien Lacour, convaincu qu’August a un avenir brillant. « Il est capable de devenir champion du monde. Les capacités physiques s’acquièrent avec l’entraînement, et August n’a pas peur de fournir les efforts nécessaires. Je m’occupe de plusieurs pilotes, et c’est le seul qui m’appelle immédiatement quand j’ai du retard pour envoyer les programmes d’entraînement ».

« Quand j’étais à l’école, je pensais à devenir plombier »

Lorsqu’il ne survole pas les terrains boueux sur sa moto, August garde les pieds sur terre. « Quand j’étais à l’école, je pensais à devenir plombier », confie-t-il. Depuis, il a arrêté ses études pour se consacrer à son sport. S’il ne cherche pas à être une « superstar », il tient à laisser une empreinte. « J’aimerais qu’on se souvienne de moi comme quelqu’un qui cherche toujours à se dépasser. J’ai traversé des épreuves et en suis sorti plus fort. J’espère inspirer la nouvelle génération et leur tracer le chemin pour qu’ils reçoivent la reconnaissance qu’ils méritent ».
Au repos après sa blessure au genou, August Frisk n’attend qu’une chose : son retour sur les pistes, prévu le 16 mars en Espagne.

Eléana PIRIS
édité par Pauline VICHARD

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