À Nice, l’immeuble Gloria Mansions détonne avec son architecture et son marbre coloré. Conçu par deux architectes, en 1932, le bâtiment est toujours habité et prisé par les vacanciers.

Alors que les palmiers, placés au centre de la rue, ombragent les passants de la lumière d’une fin d’après-midi, non loin de la mer agitée de Nice, l’immeuble Gloria Mansions se taille d’une jolie architecture art déco. Placé dans le quartier cossu des Baumettes entre antiquaires et petits cafés dans le coin de la rue, il faut franchir le portail en fer forgé pour entrer dans la cour. De là, un hall d’entrée, gardé dans son jus, pose le décor. Enfin presque, un adolescent dévale, avec son vélo, les escaliers centraux.
L’immeuble est l’œuvre d’un duo d’architectes arméniens Garabed Hovnanian et Kevork Arsenian. Ils conçoivent le bâtiment en 1932 dans un style qui s’inspire des « appartements-hôtel « new-yorkais des années 1910. D’une austère façade réalisée en béton armé, l’intérieur est adouci par le granito – un ciment teinté légèrement en ocre, avec l’apport de paillettes de nacre. Un style qui plaît toujours autant à une locataire : « Nous nous habituons aux choses, mais c’est vrai que c’est un bel endroit. Nous sommes bien ici. «

Élément impossible à rater : la cage d’escalier. Elle dessert les différents étages de l’immeuble dans un jeu de courbes qui s’entourent autour de colonnes. Auquel s’ajoute une ouverture en haut de l’édifice.
« Ce que j’aime, c’est la lumière qui y entre par le haut. Les enfants aiment aller jusqu’à la vitre pour observer le ciel, c’est accessible avec l’escalier « , confie un locataire.

Un lieu d’habitués et de visiteurs
Côté immobilier, l’édifice n’est pas épargné de l’airbnbisation des biens. Les locations de courtes durées, sur l’application américaine Airbnb, viennent bouleverser le marché. Une locataire qui habite depuis dix ans à Gloria Mansions le remarque de plus en plus : « Il n’y a pas grand monde dans l’immeuble, les appartements sont souvent loués pour la saison estivale. » Contactée, l’agence immobilière qui se trouve être dans le bas de l’immeuble n’a pas souhaité répondre aux questions. « C’est de la location de biens en longues durées, mais pas de l’Airbnb », défend une agencière.

Mais pour les résidents à l’année, les vacanciers sont bien nombreux. La beauté de l’immeuble étonne toujours autant. « C’est vrai que quand les gens viennent, ils disent « qu’est-ce que c’est beau ». Nous nous habituons », affirme Chantal, locataire depuis quinze ans.
Pour découvrir cet immeuble, vous n’avez qu’à demander aux habitants de vous ouvrir la grille pour découvrir cet édifice inscrit au titre des monuments historiques.
Sam DELAUNAY
édité par Juliette GUIBERT
