Un voyage musical au cœur de la Méditerranée

Dimanche 9 mars, sous les voûtes de Notre-Dame d’Espérance à Cannes, ce sont les voix du Chœur de Notre-Dame de Bon Voyage qui ont résonné à l’occasion de ses 125 ans.

Ce sont 40 choristes qui ont composé le choeur ce dimanche 9 mars. Photo E.C

Cannes, 16 heures. L’église du Suquet se remplit petit à petit. Les bancs en bois accueillent des spectateurs curieux, fidèles mais aussi de simples passants.
Dans le cadre des 125 ans du chœur, le programme est ambitieux : un voyage en Méditerranée, chanté dans les langues originales, du latin à l’hébreu en passant par le grec et l’arabe.

« Je ne pensais pas voir autant de monde », confie, ému, Stéphan Nicolay, chef de chœur et maître de chapelle de la paroisse Saint-Nicolas de Cannes. Plus de 100 personnes étaient présentes dans l’église pour assister à cette représentation.

Une mosaïque sonore

Les 14 morceaux se sont enchaînés, en passant de chants médiévaux, hymnes, chants contemporains à musiques sacrées. Toutes venues de neuf pays qui bordent la Méditerranée. Chaque chanson est présentée par le chef de chœur, qui explique l’origine et sa symbolique. « Le but était que les spectateurs se laissent guider dans ce voyage musical, de la Grèce à la Turquie, du Liban à l’Afrique du Nord », précise Stéphan Nicolay. Un voyage qui a su toucher le public, à l’image de Mireille 69 ans, qui confie « C’est une amie qui m’a proposé de venir avec elle, je n’ai pas du tout l’habitude d’écouter ce genre de chants, mais j’ai trouvé ça magnifique. » Son amie Jacqueline ajoute : « C’était superbe, surtout dans un lieu pareil. »

La musique unit les peuples

Le chef de chœur a voulu transmettre à travers cette représentation un message profond, il affirme « Il y avait vraiment une volonté de faire passer un message de paix et d’amour ». Ici, les différences culturelles ne s’opposent pas, elles se répondent et s’harmonisent. Pour donner vie à ce projet, six musiciens sont venus apporter leur particularité. « Ils n’ont pas la même compétence : un chanteur libanais, un violoniste tunisien, un musicien reconnu dans la musique provençale », explique Stéphan Nicolay.

Violon, percussions, galoubet, luth, mais aussi piano, les instruments n’ont pas seulement rythmé la représentation. Ils ont aussi offert une découverte musicale aux spectateurs. « Je ne connaissais pas du tout le luth, j’ai appris que c’était un instrument à corde », explique Cathie. « J’ai été vraiment emballé par ce concert qui m’a fait voyager autour de la Méditerranée, pourtant j’habite tout près », s’amuse Mélodie 35 ans. Jean, retraité ajoute : « Il n’y avait pas que le chœur, il y avait des artistes, et le mélange était très intéressant. »

Une vocation ?

Stephan Nicolay, chef de choeur depuis ses 26 ans. Photo E.C

Pour Stéphan Nicolay, cette aventure est l’aboutissement d’un long parcours musical et personnel. « Quand j’étais petit, je faisais de l’orgue et je chantais dans la chorale de l’église de Cannes », se rappelle-t-il avec émotion. C’est en partie grâce à sa motivation qu’il a pu devenir chef de chœur. Il confie « Un jour l’ancien chef m’a dit : Prends ma place, tu es plus diplomate que moi ». Aujourd’hui, il mesure pleinement cette responsabilité. Il commente : « La gestion d’un chœur, c’est avant tout de la gestion humaine avant de faire de la musique. »

Une ovation finale

Après le dernier chant, un silence plane avant que n’éclatent les applaudissements. « Découvrir toutes ces musiques de cultures différentes, c’était magique, c’était même berçant », assure une spectatrice en remontant l’allée centrale de l’église. De nombreux spectateurs se sont laissés porter par les chants, où les voix se sont unies au-delà des frontières. Un message de fraternité et d’espoir, d’autant plus fort dans un monde marqué par les conflits.

Eva CHASTAGNIER
édité par Noé BAGGIERI

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