Dans la vallée de Brezons (Cantal), la naturaliste et archéozoologue Perrine Crosmary redonne vie à un buron isolé. À 45 ans, elle transforme ce lieu patrimonial en refuge autonome et inspirant, pour renouer avec la nature.

Tout commence lors d’une balade. De l’Afrique à l’Amazonie, Perrine Crosmary est à la recherche de son paradis. Elle le trouve dans la vallée de Brezons, au Buron de l’Hermitage, une grange de montagne rénovée. Experte en immersion sauvage, connue pour son émission Instinct animal sur France 2, elle revient régulièrement dans ce qu’elle appelle un lieu « magique », entourée de sa famille.
« Une partie de ma famille est originaire du Cantal et j’avais besoin de retrouver mes racines. Le lieu correspondait en tout point à ce que nous cherchions. La vue des routes, des poteaux électriques, ça m’écorche. J’étais à la recherche de ce bout du monde. Le fait que ce soit en plus un bâtiment patrimonial a touché mon cœur. »
Un rêve longtemps cherché
La découverte du buron s’est faite par hasard, lors d’une balade. « Nous cherchions un lieu comme celui-ci depuis 25 ans », raconte-t-elle. Lorsqu’ils tombent sur la bâtisse, entourée de forêt et sous les premiers flocons, c’est le coup de cœur. Elle décrit une scène digne d’un conte : des mouflons, le silence, la nature intacte.
« C’est un rêve devenu réalité », résume-t-elle. Et ce rêve, elle souhaite désormais le partager. Ce buron, situé sur un chemin de randonnée, attire les curieux. Perrine Crosmary s’en réjouit : elle veut que ce lieu inspire. Loin d’un simple lieu de vacances, elle le pense comme un espace de reconnexion, en rupture avec le monde moderne. Autonome en énergie, sans eau courante ni électricité, le buron devient une invitation à ralentir. « Il est urgent de créer des lieux comme celui-ci, où tout le monde peut se ressourcer », affirme-t-elle.
Entre patrimoine et écologie
Les travaux de restauration seront fidèles à l’esprit du lieu. La toiture sera refaite en genêt sauvage, comme autrefois. Un bassin d’eau alimenté naturellement sera installé à la place d’un ancien abreuvoir. L’objectif : accueillir des personnes en quête de sens, dans le respect du bâti et de l’écosystème.
« Le but est de faire vivre ce lieu en harmonie avec les habitants de la vallée, les animaux et l’environnement », explique-t-elle.
Un refuge, mais aussi un terrain d’expression
Crosmary ne compte pas s’arrêter là. Avec son mari, elle envisage d’y tourner des documentaires via leur société de production. Elle veut également proposer des stages : vannerie, randonnées, éco-thérapie… autant de manières de se reconnecter à soi, à la nature, et à une forme de sobriété heureuse.
Dans ce buron niché entre ciel et forêt, la naturaliste espère offrir une pause à celles et ceux qui, comme elle, ressentent le besoin de s’extraire du tumulte. Et prouver que d’autres modes de vie sont possibles.
Fleur DESCHEEMAKER
édité par Angelo PETROV-RODRIGUES
