Hyacinthe : séance spéciale à Cannes avec le réalisateur

Le 7 mars dernier, la MJC Ranguin à Cannes a accueilli la projection du film, Hyacinthe, réalisé par Bernard Mazauric. Il a échangé avec le public après la séance pour revenir sur le processus de création de son œuvre et les défis rencontrés.

Bernard Mazauric présente son dernier film Hyacinthe dans une MJC à Cannes. Photo Juliette Guibert

Dans la salle de la Maison des Jeunes et de la Culture (MJC) Ranguin à Cannes, quelques spectateurs assistent à la projection de Hyacinthe, film réalisé par Bernard Mazauric. L’œuvre raconte l’histoire de Hyacinthe, incarné par Patrice Quarteron, un homme introverti et psychiquement fragile, qui perd sa mère. Reda, joué par Denis Lavant, un ami de la famille, accepte à contrecœur de devenir son tuteur.

Jean-Luc, un spectateur présent à la projection, remarque : « Il y a beaucoup de violence dans ce film, mais aussi une certaine humanité ». Bernard Mazauric souligne que la relation entre les deux personnages évolue progressivement : « C’est une amitié dans laquelle Reda va d’abord dominer Hyacinthe, puis la dynamique s’inverse au fur et à mesure ».

« Une sensibilité comme ça, il faut s’en emparer« 

Patrice Quarteron, ancien champion de boxe, est choisi par le réalisateur dès le début du projet. Ce dernier se rappelle d’une interview qu’il a vue à la télévision : « Cet ancien boxeur de haut niveau qui lâchait une grosse larme devant le témoignage d’une actrice m’a beaucoup touché ». « Il a un physique imposant, mais, une sensibilité comme ça, il faut s’en emparer », confie-t-il. L’acteur a peu de répliques dans le film. Michel, venu à la séance, remarque : « Avec Hyacinthe, ils forment un beau couple d’acteurs ». Denis Lavant incarne Reda avec une présence marquée. « Il joue beaucoup avec son corps », développe le cinéaste. Jamel Debbouze avait été envisagé pour ce rôle, mais l’artiste n’a jamais reçu de réponse.

Une des scènes marquantes montre le personnage principal prenant soin d’une souris. « Tourner avec une souris est extrêmement difficile », confie l’ancien directeur de production. Il explique qu’avec cette scène, il cherche à rappeler des œuvres comme Des souris et des hommes, roman de John Steinbeck. Un passage du film montre les protagonistes travailler dans les champs pour subvenir à leurs besoins et se cacher de leurs ennemis. « Ces scènes sont une réminiscence des deux personnages du roman qui réalisent, eux aussi, des travaux dans les fermes californiennes », explique l’homme lors de l’entretien avec le public.

Une production et un accueil compliqué

Le tournage de Hyacinthe a été retardé par la blessure de Patrice Quarteron à l’œil. Lors d’un combat, il a subi un coup qui l’a empêché de refaire de la boxe, même pour un film. Les scènes de combat ont dû être tournées des mois après. La production a duré deux ans avec plusieurs sessions de montages différentes. « Honnêtement, la partie la plus compliquée était le financement », avoue-t-il. « Certains distributeurs ne regardaient même pas le film. Pour avoir été moi-même producteur, je ne leur en veux pas, mais c’est frustrant », admet le réalisateur.

Il revient sur son parcours : après avoir arrêté ses études de lettres, il débute dans le cinéma comme stagiaire auprès de Marcel Carné, réalisateur des Enfants du paradis (1945). « Depuis mes 20 ans, j’ai toujours été dans le milieu du cinéma », précise-t-il.

Après une avant-première à Nice devant 350 spectateurs, le contraste avec la séance à la MJC Ranguin est marquant. Pourtant, le septuagénaire reste satisfait : « Cela fait une balance, et j’aime tout autant l’esprit MJC avec peu de spectateurs, je peux plus échanger avec eux ».

Juliette GUIBERT Édité par Emma AZALBERT

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