Les ciné-clubs, parfois considérés comme des associations peu accessibles, restent aujourd’hui présents dans l’espace culturelle en France. Certains perdurent comme le Film Club de Cannes (Alpes-Maritimes) et le Ciné-Mirroir du Relecq-Kerhuon
(Finistère).

Si la fréquentation des ciné-clubs reste en deçà des niveaux d’avant la pandémie, le CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée) constate une nette progression : 96 millions d’entrées dans les ciné-clubs en 2024. Le ciné-club repose sur un modèle précis : une séance réunis une présentation du film, suivie de la projection, puis d’un débat avec le public. Le CNC rappelle que les ciné-clubs sont des associations à but non lucratif, rattachées à des fédérations nationales autorisées. Les films doivent être loués auprès de la fédération à laquelle le club est affilié. La programmation d’un ciné-club est soumise à plusieurs contraintes, mais elle reste largement influencée par les choix et les goûts de ses membres. « On essaie toujours de proposer quelque chose qui sort des sentiers battus », explique Patrice Bénard, membre du Film Club de Cannes. « L’idée est de faire découvrir des œuvres peu accessibles, d’inviter à la réflexion et à l’échange. Ce n’est pas juste une séance de cinéma, c’est une expérience complète. »
« Chacun exprime son point de vue »
Hormis les projections classiques, les ciné-clubs intègrent aujourd’hui des avant-premières et des conférences. Le Film Club de Cannes illustre cette dynamique : « Nous organisons en moyenne deux à trois projections par mois, soit une trentaine de séances par saison. Nous essayons de varier les formats : des classiques restaurés, des films récents, mais aussi des courts-métrages et des documentaires. » Patrice Bénard insiste également sur l’importance du lien avec le public : « Après chaque séance, il y a toujours un temps d’échange.» C’est, en partie, cette particularité qui attire le public vers les ciné-clubs. Jean-Pierre, spectateur régulier du Film Club de Cannes, témoigne : « La présentation permet d’entrer dans le film avec des clés de lecture. On comprend mieux les intentions du réalisateur, le contexte de production, ou les choix esthétiques. Le débat qui suit la projection est tout aussi vivant : chacun exprime son point de vue. »
Un rôle culturel et social
Les ciné-clubs jouent un rôle social important en créant des espaces de rencontre et de partage. Thierry Dubreuil, président du Ciné-Miroir au Relecq-Kerhuon, insiste sur cette dimension : « Notre public est très varié. Les bons films diffusent un message universel. C’est important de transmettre la culture par tous les moyens possibles. Les ciné-clubs sont des lieux de partage. » Dans plusieurs association comme celles-ci, le but est de toucher un public divers. Le Film Club de Cannes travaille par exemple à élargir son audience en collaborant avec des établissements scolaires : « Il est compliqué d’attirer le jeune public. Nous avons mis en place récemment une série de projections pour les jeunes, avec des films accessibles ou cultes. L’idée est de montrer que le cinéma en salle est une expérience unique. » développe un des membres de l’association. L’accessibilité est aussi une priorité pour le Ciné-Miroir. Son président insiste : « Nos séances ne sont pas chères, c’est important que tout le monde puisse venir. Nous avons une adhérente qui nous suit depuis onze ans. Elle n’a pas beaucoup de moyens, mais elle est fidèle. C’est la preuve que le cinéma peut toucher tout le monde. »
Juliette GUIBERT
édité par Oscar MASSY
