À Nice, le centre commercial NicÉtoile accueillait, le 4 et 5 octobre, la Grande Vente “Plantes pour Tous”. Cette boutique éphémère révèle un phénomène, entre mode et besoin d’apaisement.

Ce premier week-end d’octobre, le centre commercial s’est transformé en véritable jungle urbaine. Dans un petit shop au premier étage, plus de 150 variétés de plantes ont attiré les visiteurs du Pop-up « Plantes pour Tous”, un concept né en 2017 et désormais ancré dans les habitudes des citadins. À prix mini, dès 99 centimes, Monstera, Ficus et plantes aromatiques se sont disputé les regards des amateurs de verdure. Mais derrière cette apparente simplicité, un véritable phénomène de société se dessine : celui d’une génération urbaine qui veut renouer avec la nature, sans quitter son salon.
La déco, moteur de l’engouement
Parmi les visiteurs, Lola Spiterie flâne entre les étagères verdoyantes. « Ce n’est pas la première fois que je viens, j’y passe de temps en temps quand il y en a une à Nice », indique-t-elle en observant une petite fougère. « J’ai fait du tri chez moi, certaines de mes plantes sont mortes parce que j’étais absente. Là, cela faisait un peu vide. J’aime bien avoir des plantes à la maison, cela rend l’espace vivant. »
Lola ne s’en cache pas : « J’achète des plantes pour un but décoratif principalement. Parfois, j’en achète pour offrir, parce que ça fait toujours plaisir ». Son discours reflète une tendance profonde : la plante est devenue un objet de décoration à part entière. Sur Pinterest et Instagram, le feuillage s’affiche comme une touche de bien-être visuel. Pourtant, Lola revendique un rapport ancien à la verdure : « J’ai toujours aimé ça depuis petite. C’est une habitude familiale, pas une influence des réseaux, même si parfois, j’y trouve des idées de déco ».
Même la relation à la plante n’est plus intuitive, elle aussi devient connectée. « Aujourd’hui, il y a des applications qui t’aident à t’en occuper, avec les fréquences d’arrosage, ou les diagnostics quand elle fane sans raison. Sans ça, j’en aurais sûrement moins, parce qu’elles ne tiendraient pas », reconnaît Lola.

Une tendance née du centre-ville
Du côté des organisateurs, Agathe Wiesner observe ces comportements depuis plusieurs années. Responsable des ventes à Nice et Montpellier, elle connaît bien son public : « À Nice, j’ai pas mal de seniors et de professions libérales, des gens qui décorent leur cabinet. Ce ne sont vraiment pas des intéressés de verdure. À Montpellier, c’est plus jeune, ça suit une tendance. Les publics sont très différents. »
Plante pour tous est une association qui, à son origine, voulait « amener la jardinerie au centre-ville, pour ceux qui n’ont pas de jardin et veulent quand même des plantes accessibles. Elle a un peu lancé la tendance d’aménager son intérieur avec de la verdure, facilement et à petit prix », explique la responsable des ventes. L’objectif de l’association est de réintroduire un peu de vivant dans des espaces souvent bétonnés.
Mais tous les acheteurs ne sont pas des botanistes : « À Nice, j’ai des gens qui viennent juste pour l’esthétique. Certains dépensent 200 euros de plantes et reviennent la fois d’après parce qu’ils n’en ont pas pris soin. Ils rachètent, c’est tout », raconte Agathe Wiesner en rigolant.
Elle remarque aussi un tournant depuis la pandémie : « Après les confinements, beaucoup de gens ont ressenti le besoin d’avoir de la verdure chez eux. C’est devenu une question de bien-être. Se dire qu’on vit entouré de plantes, c’est une manière de respirer un peu, même en appartement ». Cette dimension psychologique du végétal s’est renforcée, les plantes ne décorent plus seulement, elles créent un environnement apaisant.
Armance POMARES
édité par Maxime ZULIAN
