Rencontre avec Peggy Jude et Laurent Barnavon, créateurs des prix des 38ᵉˢ Rencontres Rencontres cinématographique de Cannes (RCC).

Samedi 22 novembre, les lauréats ont été dévoilés lors de la cérémonie de clôture des 38ᵉˢ RCC. Depuis l’année dernière, le comité d’entreprise de Thalès remet deux distinctions : : le prix Romano, choisi par les employés, et le prix Stella, attribué par un jury composé de cinq salariés de l’entreprise. Cette année, le prix Romano a récompensé L’Illusion de Yakushima de Naomi Kawase, tandis que le prix Stella a distingué Rue Málaga de Maryam Touzani. Les trophées sont réalisés par l’artiste Laurent Barnavon.
Cette année, l’association Cannes Cinéma innove : pour les prix du jury et du public, un trophée sera désormais remis au réalisateur ou à la réalisatrice, en plus du chèque habituellement destiné au distributeur. Le Grand Prix des RCC a ainsi été attribué à Un Monde fragile et merveilleux de Cyril Aris. « L’an dernier, nous avons trouvé sympa que le comité d’entreprise de Thalès remette un trophée. Alors nous avons décidé de faire pareil : offrir, nous aussi, un objet symbolique au réalisateur », indique Aurélie Ferrier, directrice de Cannes Cinéma
Des trophées signés Peggy Jude
Les deux trophées Uō remis par Cannes Cinéma ont été réalisés par la sculptrice Peggy Jude. « Je connaissais son travail depuis longtemps et les formes douces de ses personnages correspondaient parfaitement à nos envies », affirme Aurélie Ferrier. L’artiste mignoniste avait déjà créé des trophées de la même gamme pour le Festival international du film d’animation de Bruxelles (Anima), en mars 2025. « Uō signifie ami en polynésien, et c’est devenu ma marque de fabrique depuis quelques années. J’aime concevoir des sculptures qui sont un peu comme des doudous pour adultes », explique-t-elle. Peggy Jude est honorée que sa création récompense un réalisateur : « Je trouve formidable de mettre en lumière ces personnes qui travaillent d’arrache-pied dans l’ombre. »
Entre art et aérospatial
Laurent Barnavon est un artiste sculpteur cannois. Il a logé pendant deux mois à la résidence d’artistes du Château de la Napoule. En 2002, il y rencontre Ludovic Canas, membre du comité d’entreprise de Thalès, groupe d’électronique spécialisé dans l’aérospatial. « On a commencé à travailler ensemble. Cette année il m’a contacté pour les trophées des RCC», indique l’artiste. L’objectif : le réaliser en upcycling, à l’aide de matériaux servant à la construction de satellites. « J’étais content d’avoir anobli ce qui aurait fini à la poubelle», détaille Laurent Barnavon. Il ajoute: « Je l’ai coréalisé avec mon père qui s’est occupé de la base de l’œuvre. » L’artiste est heureux que ses sculptures reviennent aux réalisateurs : : « Étant du côté de la fabrication, je trouve intéressant de remettre un prix au fabricant, plutôt qu’à ceux qui sont à l’image. »
Emilie MORITZ & Pauline VICHARD
édité par E.M.
