Réalisateur depuis ses 17 ans : l’ascension de Nathan Ambrosioni

Révélé très jeune dans le milieu du cinéma, Nathan Ambrosioni s’impose aujourd’hui comme l’une des voix montantes du paysage français. Il était présent aux Rencontres Cinématographiques de Cannes (RCC) pour la diffusion en avant-première de son long-métrage Les enfants vont bien.

À seulement 26 ans, le réalisateur grassois Nathan Ambrosioni sort son cinquième long-métrage, Les enfants vont bien. Photo DR

Un soir, à 12 ans, Nathan Ambrosioni découvre le film d’horreur Esther de Jaume Collet-Serra. Autant fasciné que terrifié, c’est le déclic : il veut faire du cinéma. Originaire de Peymeinade près de Grasse, il grandit loin des plateaux parisiens. Cet éloignement ne l’a pas empêché de se faire une place comme réalisateur. “Ça m’a aidé à avoir du courage et de l’audace. Je me disais : ‘Tu ne les connais pas, tu t’en fiches’ ”, affirme le cinéaste de 26 ans. 

Poussé par cette détermination, il se présente, en 2019, devant le Centre national du cinéma (CNC) avec son long-métrage Les Drapeaux de papier. Il devient, à tout juste 17 ans, le plus jeune réalisateur à obtenir l’avance sur recettes. Son jury était composé de Michel Hazanavicius, tout juste oscarisé, ou encore de Teddy Lussi-Modeste, réalisateur de Pas de vagues

“J’étais le petit jeune”

Je venais de passer mes oraux du bac. Pour me rassurer, je me disais que j’étais face à des profs, se souvient le lauréat. Quand je suis entré dans la salle, il y a eu une exclamation. J’étais le petit jeune.” Pour lui, cette fraîcheur a contribué à convaincre le jury.

Cette jeunesse peut, parfois, lui faire perdre en crédibilité. “Dans les festivals, quand j’arrive avec une délégation de réalisateurs, on me prend souvent pour un bénévole, sourit-il. Tant qu’on n’a pas trente ans, peu importe notre métier, les gens doutent de nous”.

Dix ans après sa première reconnaissance, le réalisateur revient sur ses terres natales pour promouvoir Les enfants vont bien aux 38ᵉ RCC. “J’y suis venu en tant que lycéen. C’est sentimental et une fierté d’apporter le film ici”, admet l’Azuréen. 

Le sujet queer : une évidence 

Sorti le 3 décembre, le film a été diffusé en avant-première le dimanche 23 novembre au Cineum. L’œuvre suit Suzanne, interprétée par Juliette Armanet. Un soir d’été, sans prévenir, elle rend visite à sa sœur Jeanne, incarnée par Camille Cottin. Le lendemain, Suzanne a disparu, laissant une lettre dans laquelle elle confie ses deux enfants à Jeanne.

Le film interroge, en parallèle de l’intrigue, la thématique des sexualités. “En tant que membre de la communauté LGBTQI+, c’était une évidence pour moi de créer d’autres représentations dans le septième art. L’histoire ne porte pas du tout sur la sexualité de Jeanne, c’est sous-entendu, mais on n’en parle jamais.” Ce sujet lui vaut le label In&Out aux RCC, un soutien aux films sur cette thématique, comme Deux femmes en or de la jeune réalisatrice Chloé Robichaud.

Margot LEMOINE & Mathis THOMAS
édité par L.B.

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