Au Cannet, des ateliers pour reprendre confiance en soi

Jeudi 9 octobre, un atelier « Prendre soin de soi » a réuni les habitants des environs du Cannet dans le cadre des Semaines d’information sur la Santé Mentale (SISM).

Dans les locaux d’ISATIS, Séverine Pierronne (à gauche) a repris ses ciseaux pour aider les habitants à reprendre confiance en eux. Photo Amira Falhi

Un « instant pour soi ». C’est ce dont ont pu profiter une dizaine de personnes ce jeudi 9 octobre. Au 16 rue Henri Germain, dans les locaux d’Isatis (Insertion sociale et professionnelle des personnes souffrant de troubles psychiques, un atelier intitulé « Prendre soin de soi », a pris place dans le cadre des Semaines d’information sur la santé mentale (SISM). La rencontre a réuni une dizaine de personnes dans la journée autour d’activités centrées sur le bien-être. Le temps est ouvert à tous, mais une majorité de bénéficiaires se sont présentés. Marie P, les accompagne jusqu’à la salle principale. Il y a une grande table au centre avec du vernis, des miroirs et des soins. À gauche, une femme se fait coiffer et, à droite, une autre essaye des blousons, d’une pile de vêtements gratuits. Assise, Titania Conardy observe la coiffeuse et s’exclame : « C’est beau, Séverine ! ». Référente territoriale du projet, elle est aussi animatrice et art-thérapeute. « Je travaille pour coordonner les projets sur la région », affirme-t-elle. « On a travaillé sur Nice, Mougins et autour de Cannes. »

« Se rendre compte que nous sommes capables »

Sur un ton sérieux, elle insiste : « L’important, c’est de savoir prendre soin de soi et se rendre compte que nous sommes capables de le faire. Et ici, cela s’apprend dans un cadre convivial. ». Pour autant, l’animatrice l’avoue : « Parfois, certains me disent qu’ils ne le font jamais. Et je leur réponds : “Moi non plus.” » Un travail collectif qui permet de comprendre qu’il « faudrait le faire plus souvent ».

« Il y a des événements comme la coiffure avec Séverine », dit-elle en pointant la jeune femme. Ancienne coiffeuse, avec trente ans de métier sous le bras, elle a ressorti ses ciseaux. Séverine Pierronne sort une photographie d’une femme blonde, fraîchement coiffée, les racines grises. Elle raconte : « Vous voyez ce blond ? Quand elle est arrivée, on ne le voyait pas. Elle n’en prenait pas vraiment soin. Après la coiffure, on a découvert quelqu’un d’autre. C’était un choc pour elle aussi, elle s’est mise à pleurer dès qu’elle a vu son reflet. »

Un phénomène à « grande échelle »

D’après le ministère de la Santé, près d’une personne sur quatre va souffrir d’un trouble mental à un moment de sa vie. Le problème est donc à « grande échelle » pour Marie Niang, cheffe du Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH) de la région. À son bureau, elle explique : « Nous avons collaboré avec le Centre médico-psychologique (CMP) de Cannes pour organiser des ateliers autour de la revalorisation de soi. Cela se transmet par des forums ou encore des tables rondes ». La directrice n’oublie pas la lignée des SISM de cette année : « Pour notre santé mentale, réparons le lien social ». Elle explique : « Quand une personne a des soucis mentaux, elle se sent différente de la société dite lambda. »

Un avis partagé par Zoubida, 58 ans, ex-aide-soignante. Elle est suivie depuis deux ans par Isatis, de façon professionnelle et psychologique. Les larmes aux yeux, elle s’émeut : « J’ai l’impression de ne pas être comme les autres, depuis que j’ai été licenciée pour inaptitude. » Elle raconte : « J’ai travaillé jusqu’au premier Covid et depuis, c’est la dégringolade. Mais ces ateliers m’aident à aller un peu mieux et à me sentir moins seule. »

Amira FALHI
édité par Oscar MASSY

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