Une vingtaine de personnes se sont réunies à Nice sur la place Masséna le samedi 22 novembre 2025, pour un spectacle de skateboard. Un évènement organisé par Azur Skateboard Club afin de briser les barrières sociales.

Sous le soleil de Nice, derrière la célèbre statue d’Apollon, deux modules mobiles sont installés. Le titre Thunderstruck du mythique groupe AC/DC, résonne depuis l’imposante enceinte posée au sol. Tour à tour, des jeunes de tous âges et de tous niveaux défilent pendant que les uns filment et les autres admirent le spectacle. Des passants intrigués s’arrêtent. Sur la piste bétonnée, le claquement sec de la planche est le signe d’une figure réussie. L’évènement rassemble enfants, adolescents et parents dans le but de sensibiliser aux nombreux bienfaits de cette activité. Arthur, 20 ans, est professeur de skateboard à l’Azur Skateboard Club. Originaire d’Aix-en-Provence, il souhaite développer la pratique du skateboard à Nice. « Les valeurs véhiculées sont parfois méconnues et il existe encore trop de préjugés et de stéréotypes projetés sur cet univers », déclare-t-il. « La pratique se fait dans la rue, sur le goudron et le béton. On se sent loin des artifices et du matérialisme. Tout le monde peut se joindre à nous », conclut le jeune homme.
Un espace de socialisation et de solidarité
Margaux, 24 ans, est d’origine anglaise. Installée depuis six mois à Nice, elle débute dans la pratique du skateboard. « Je suis venue pour le plaisir de regarder les autres. Certains sont vraiment très doués. Moi, je commence à peine mais je me sens aidée et soutenue. Il n’y a pas de place pour les jugements, je trouve cela extraordinaire », confie-t-elle. Alix , 21 ans et coorganisateur de l’évènement, ajoute : « Toutes les barrières sociales sautent. L’âge, l’origine et la classe sociale n’ont alors plus aucune importance. C’est une mise à nue car nous sommes visibles de tous. Les passants peuvent interagir et le matériel n’est pas coûteux. ».
L’importance des sponsors
L’évènement est soutenu par la boutique niçoise Slide Skateshop, un partenaire clé pour Arthur et sa bande, qu’elle accompagne régulièrement dans ses projets. Pour l’occasion, le commerce a mis à disposition plusieurs lots destinés à récompenser les participants les plus performants. « Le shop a cette responsabilité de contribuer à attirer davantage de participants. C’est la preuve que les acteurs locaux sont essentiels pour faire vibrer la communauté », explique Alain, employé et représentant de la boutique pour l’occasion. Le bouche-à-oreille joue aussi un rôle déterminant. « Les riders se préviennent entre eux, ils partagent l’information de spot en spot. Cette diffusion informelle crée une dynamique spontanée, presque virale. C’est souvent grâce à cela que l’événement prend de l’ampleur et rassemble bien plus de monde que prévu », précise Arthur.
Un sport loin des clichés
Longtemps associée à une culture “marginale”, liée à la rue, au bruit et à une forme de transgression, l’image du skate évolue ces dernières années en France. Coralie, employée d’une carrosserie à Antibes, accompagne son fils Marlone, âgé de 7 ans et élève d’Arthur à l’Azur Skateboard Club. Selon elle, la pratique du skate mérite d’être démocratisée en raison de ses nombreuses vertus. « Mon fils est passionné de skate et je le soutiens à 100 %. J’invite les familles à davantage s’intéresser à l’histoire de cette discipline afin de mieux comprendre les jeunes de la société », souligne-t-elle. Elle poursuit : « J’ai moi-même été agréablement surprise lorsque j’ai découvert ce milieu. Les jeunes s’entraident dans la bienveillance, il n’y a pas de délinquance. »

Des revendications pour de meilleurs équipements
Coralie et Marlone sont ravis du bowl de Cannes, situé sur le boulevard de la Croisette et inauguré en 2021. Ils regrettent néanmoins que rien ne soit fait à Antibes. « Aujourd’hui je me bats avec la Mairie d’Antibes pour que le skate-park, laissé à l’abandon, soit rénové. L’enjeu est de financer la rénovation et l’entretien sur le long terme » lance Coralie. Très impliquée dans la mission de développer le skate dans le département, elle se réjouit surtout de l’évolution des mentalités, en particulier chez les retraités : « À Cannes, par exemple, les personnes âgées râlaient lorsque le bowl a été construit. Désormais, elles viennent s’asseoir autour et profitent du spectacle avec beaucoup d’enthousiasme. C’est une belle leçon de partage et d’ouverture d’esprit », conclut-elle avec émotion.
Charlène SABATIER
édité par Oscar MASSY
