Les écoles Diwan en Bretagne: un fonctionnement bien particulier en crise

Depuis 1977, existent en France les écoles Diwan. Ces établissements proposent un enseignement en langue bretonne, dans les cinq départements de la région. L’un des sept collèges bretons se trouve au Relecq-Kerhuon (Finistère).

Le collège Diwan du Relecq-Kerhuon existe depuis 1988. Photo : J.G.

Un système totalement bilingue et immersif, c’est ce que propose les écoles Diwan. A la rentrée 2025, le réseau d’établissements scolarise environs 3 700 élèves en primaire et en secondaire. Jacques-Yves Mouton, ancien professeur d’histoire-géographie en langue bretonne, lui, a décidé de faire suivre cette éducation à ses deux fils. Il explique : « De la maternelle au lycée, les élèves ne parlent que breton en cours. De plus, je parle uniquement en langue bretonne avec mes enfants. »

Aziliz Chevalier est présidente de l’association des parents d’élèves du collège Diwan du Relecq-Kerhuon. Elle raconte : « Quand on me demande pourquoi est-ce que je ne mets pas plutôt mes deux filles dans un collège bilingue anglais, je répond que, dans une réalité locale, le breton est un sacré atout. »

Souvent, l’ouverture d’esprit qu’apporte cette éducation est aussi l’argument qui pèse dans la balance pour les parents. L’enseignement est basé sur les pédagogies Freinet et Montessori. Dès la maternelle, tous les cours sont dispensés en langue bretonne mais aussi à la cantine, et plus tard, à l’internat. Jacques-Yves Mouton observe : « Pour la plupart des foyers, le breton n’est pas parlé à la maison. Il n’y a donc pas de lien affectif avec la langue. Le système immersif proposé ici est donc le plus efficace pour que l’enfant soit bilingue ». La mère des deux collégiennes témoigne d’ailleurs: « Je parle couramment le breton mais mon mari ne le maîtrise pas du tout, nous ne communiquons donc qu’en français dans la famille ».

Une école associative

Contrairement à la plupart des établissements privés,le système de financement est différent. La plus grande partie du budget des écoles provient des dons de particuliers. « Nous organisons des randonnées, des fest-noz (fête traditionnelle bretonne) ou des kig ah farz (plat typique de la région) géants pour faire parler de nous et élargir les contributeurs », précise la présidente de l’association des parents d’élèves. Le département finance aussi le collège du Relecq-Kerhuon mais « c’est une part trop basse pour permettre à Diwan d’accueillir ses élèves », ajoute-t-elle.

250 élèves étudient chaque jour dans ce collège Diwan. Photo : J.G.

« Diwan vit au rythme de ses crises »

Au Relecq-Kerhuon, les bâtiments du collège n’appartiennent pas à la fondation Diwan. La mairie les possèdent et le départements lui les louent. Depuis maintenant un an, un bras de fer entre la mairie, le département et l’association de parents d’élèves a lieu. « L’internat est devenu vétuste et ne correspond plus aux normes de sécurité. Il est indispensable de faire des rénovations si l’on veut continuer à recevoir les élèves », développe l’ancien professeur d’histoire-géographie. C’est au collège de payer mais les fonds manquent. Aziliz Chevalier, elle, relativise : « Diwan vit au rythme de ses crises. Depuis la rentrée 2025, la nouvelle association nommée Ti Kerhor existe pour que le département ait des interlocuteurs dédiés afin de débloquer les financements nécessaires pour les travaux. »

Juliette GUIBERT
édité par Samuel CHEIRON-GOMEZ

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