Comme chaque année, Reporters Sans Frontières publie son classement mondial de la liberté de la presse. En 2016, le Danemark termine au pied du podium. Une quatrième place révélatrice de la liberté quasi totale d’expression qui prévaut dans l’état scandinave.
Au Danemark, le Constructive Journalism fait résolument partie de l’ADN des médias. Cette manière de penser le journalisme préfère les solutions aux problèmes et accroît une liberté de la presse déjà largement respectée.
Si la laïcité est l’un des fondements de la Constitution française, il en est tout autrement au Danemark. Etat et religion sont étroitement liés dans le Royaume. Cette relation particulière ne s’impose pourtant pas comme un frein à la liberté de la presse.
Au Danemark, la liberté d’expression est reine. Pourtant, le poids de la monarchie peut être un frein pour la presse. Entre respect pour la famille royale et le devoir d’informer, les journalistes sont partagés. « La liberté d’expression existe-t-elle vraiment au Danemark ? La réponse est non. » Jan Egesborg, artiste danois, est catégorique. En 2010, une exposition d’art est annulée à Aarhus, deuxième ville … Continuer de lire RIG DANEMARK #4 : La famille royale, traitement d’exception ?
Kurt Westergaard est un caricaturiste danois. En 2005, il a participé à créer les « douze visages de Mahomet » dans le Jyllands-Posten, un quotidien danois. Il était à l’origine de la caricature qui a le plus choqué les musulmans. Mahomet y était représenté, une bombe en guise de turban. Aujourd’hui sous protection policière permanente, le vieil homme de 81 ans ne regrette rien.
Lorsqu’on évoque la presse danoise, on pense au scandale des caricatures du prophète Mahomet en 2005. Le 30 septembre, cette année-là, le Jyllands-posten, l’un des principaux journaux danois, a publié une série de 12 caricatures du prophète Mahomet. L’indignation qu’elles ont suscitée a largement dépassé les frontières du pays.
Le Jyllands-Posten est un quotidien danois de centre-droit. Ce vendredi 30 septembre 2005, la rédaction publie un dossier intitulé « les douze visages de Mahomet ». Provocation assumée, les dessins font immédiatement réagir le peuple danois. C’est lorsque l’indignation a dépassé le cadre national en offusquant le monde musulman que le Danemark a pris conscience de l’ampleur du phénomène. Ces douze représentations de Mahomet sont des caricatures, assez différentes les unes des autres et sans liens évidents. Seules deux ou trois d’entre elles ont profondément choqué les musulmans. « J’ai dessiné un élève que j’ai appelé Mohammed en train d’écrire sur un tableau une inscription en arabe. Il y était inscrit que les journalistes de Jyllands-Posten sont un tas de provocateurs réactionnaires » se souvient Lars Refn, caricaturiste danois auteur de l’un des douze visages de Mahomet. Au Danemark, la caricature n’a pas la même place qu’en France, elle y est moins virulente et le besoin de critiquer, de tourner en dérision n’y est pas aussi répandu. Charlie Hebdo ou le Canard Enchaîné n’ont pas d’équivalent danois. « Les socialistes ou les anarchistes n’ont pas de journal et je sens que ça manque cruellement au Danemark », constate Lars Refn.
Caricaturistes danois, l’après 2005
A la question « Travaillez-vous différemment depuis le scandale de 2005 ? », Lars Refn répond très clairement « Non ! ». Les caricatures de 2005 ont créé la polémique, elles ont aussi eu des conséquences pour le Danemark sur la scène internationale. « En 2005, de nombreux pays musulmans ont boycotté les produits danois » précise Niels Brunelli, journaliste franco-danois. Des vidéos violentes sur lesquelles on pouvait voir s’enflammer la croix blanche sur fond rouge du drapeau danois, ont été diffusées. Suite aux réactions du monde musulman, les danois ont pris conscience que la liberté de la presse avait été bafouée ce jour de novembre 2005. Dans ce pays libre, démocratique, et avant-gardiste, il serait donc impossible de caricaturer quiconque dans un quotidien national ? Pourtant les journalistes danois l’assurent, la presse occupe une place prépondérante dans le pays. « Au Danemark, la presse est un pouvoir à part entière » précise Niels Brunelli.
Lars Refn, caricaturiste danois (Crédit : Deutschlandfunk)
Aujourd’hui si certains ont renoncé à la création et la diffusion de satires politiques ou religieuses, d’autres en ont fait leur combat, sur fond de liberté d’expression. Lars Refn a créé Spot, son propre média sur Internet, où il se sent libre d’exercer son art comme bon lui semble. « Dans Spot, l’humour y est plus corsé que dans les médias traditionnels danois, j’y fais des dessins de politique nationale et internationale. » A l’image de Charlie Hebdo en France, la liberté y est reine. Aucun sujet tabou. Lars observe néanmoins que la liberté de la presse a progressivement migré vers Internet et que par conséquent ses dessins s’adressent potentiellement au monde entier. « Je suis conscient que l’on ne peut pas dessiner pour les 7 milliards d’habitants sur terre. Mon objectif c’est d’être compris par les gens auxquels je m’adresse. » Avec Spot, Lars Refn peut recueillir les critiques de son public. Que les commentaires soient positifs ou négatifs ils n’en sont pas moins tous constructifs. « Il y a des gens qui s’excitent, et je trouve ça très intéressant. Les gens ne sont souvent pas d’accord quand je critique le gouvernement, et ce dialogue manque cruellement au Danemark dans les médias traditionnels. »
L’ambassadeur de Russie au Danemark a averti, le 20 mars dernier, que les navires de guerre danois s’exposaient à des représailles si le pays scandinave rejoignait le système de défense antimissile de l’Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN).
Un double attentat a secoué Copenhague samedi 14 février. Les Danois sont stupéfaits de voir leur liberté d’expression agressée. Une liberté essentielle au Danemark, mais pas indéboulonnable.
La France a autorisé le 9 janvier 2014, pour la première fois, la diffusion d’un médicament dérivé du cannabis, le Sativex. Destiné aux patients atteints de sclérose en plaques, son autorisation arrive dans un contexte de libéralisation de la consommation du cannabis dans le monde. De la législation à la pénalisation, de la consommation ludique à l’usage thérapeutique, retour en 25 dates clés sur le statut du cannabis dans le monde.