La présidente du Medef annonce sa candidature à un troisième mandat. Pourtant, selon les statuts en cours, elle devrait quitter son poste en juillet prochain. Une telle candidature nécessiterait au préalable de modifier les modalités de réélection de la tête de l’organisation patronale.
C’est dans une tribune du journal Le Monde publiée le 2 mars que Laurence Parisot annonce qu’elle souhaite rester la présidente de l’organisation patronale. »J’ai l’audace d’espérer pouvoir soumettre ma candidature à un troisième mandat », a-t-elle expliqué au quotidien national. Élue en 2005 pour un mandat de cinq années, elle avait été réélue en 2010. Alors que son mandat s’achève le 1er juillet prochain (les statuts du Medef prévoient que le premier mandat du président dure cinq ans et le second, trois ans), la cheffe du Medef aimerait poursuivre l’aventure. « Ma motivation est liée à la situation de notre pays, à son avenir, et au rôle potentiellement décisif des entrepreneurs » argue-t-elle. Si Laurence Parisot n’avance désormais plus cachée, ce n’est pas un hasard. Le 6 mars, la fédération de la métallurgie (UIMM), la plus puissante fédération du Medef, tient sa convention annuelle. Avec au programme, une réflexion autour de l’élection de l’organisation patronale.
Déjà plusieurs candidats déclarés
Avant la déclaration de Laurence Parisot, quatre candidatures avaient été officialisées. Il s’agit du président du Groupe des fédérations industrielles (GFI) Pierre Gattaz, de Jean-Claude Volot, l’ancien médiateur de la sous-traitance, du patron parisien de PME Thibault Lanxad, et enfin le président de OMEA Telecom, Geoffroy Roux de Bézieux. Frédéric Saint-Geours, patron de la fédération de la métallurgie (UIMM), pourrait lui aussi se laisser tenter par une candidature. Laurence Parisot qui se dévoile aujourd’hui, espère lui couper l’herbe sous le pied et prendre de l’avance sur ce possible principal challenger.

Un changement des statuts obligatoire
La candidature de Laurence Parisot se heurte pourtant à un problème de taille. Une réélection nécessiterait un changement des statuts, qui limitent pour le moment à deux le nombre de mandats consécutifs du chef des patrons. Pour pouvoir briguer un troisième mandat, Laurence Parisot doit en faire la demande officielle au conseil exécutif du Medef. L’assemblée générale de l’organisation devra ensuite adopter à la majorité des deux tiers les éventuelles modifications des modalités de réélection de « la patronne des patrons » français. Une telle adoption serait sinon synonyme de réélection, au moins le signe d’une confiance affirmée puisque ce sont les membres de l’assemblée générale qui seront les électeurs au scrutin visant à élire le président du Medef. Certains patrons, dont Jean-Claude Volot, accusent la présidente de la Medef de vouloir s’accrocher à son siège et dénoncent même « un coup d’Etat à la Poutine».
Simon Hue
