Transition alimentaire : quelles solutions en région Paca

Alors qu’il est urgent de changer nos systèmes alimentaires, comment proposer une alimentation de qualité, consommée localement et accessible à tous ? C’est tout l’objet d’un rapport du GREC-SUD (déclinaison locale du GIEC), publié en novembre 2022 et inspiré du travail de 46 spécialistes de l’agriculture et de l’alimentation

Illustration Lightspring, Shutterstock
Illustration CC Lightspring, Shutterstock

Notre « système agriculture-alimentation n’est aujourd’hui ni satisfaisant, ni durable ». C’est le constat que fait le GREC-SUD. En PACA, les spécialistes pointent un actuel régime trop riche en produits d’origine animale et ultra-transformés. Pour éviter des crises futures et stabiliser nos chaînes de production, le rapport dresse plusieurs pistes pour une transition alimentaire dans la région. 

L’objectif est de permettre aux habitants de revenir à un régime méditerranéen. Un régime à base végétale, reconnu parmi les plus vertueux en matière de santé et d’environnement. Il consomme 70 %  moins de surfaces agricoles, 80 % moins d’énergie et émet 70 % moins de gaz à effet de serre.

Développer une alimentation locale 

Parmi les solutions proposées, l’idée de reterritorialiser l’alimentation en mettant l’accent sur la consommation sur place des productions locales. Le GREC préconise aussi la création de nouveaux liens entre producteurs locaux et habitants pour limiter les déplacements et réduire l’empreinte carbone. Selon l’organisme, il faudrait soutenir les initiatives de vente ambulante et de dépôts de produits locaux. De plus, il recommande le soutien des pouvoirs publics à l’autoproduction comme le jardinage pour  « reconnecter les gens à l’agriculture locale ». 

En 2020, la France métropolitaine comptait 389 800 exploitations agricoles, soit environ 100 000 de moins qu’en 2010 lors du dernier recensement. Face aux pressions foncières, les spécialistes recommandent de préserver les exploitations agricoles existantes, voire d’en créer de nouvelles. 

Promouvoir des modes de production écoresponsables 

Le rapport promeut l’agroécologie, qu’il définit comme « favorable à la biodiversité et capable de rendre les cultures plus résilientes face aux effets du réchauffement climatique ». Il limiterait ce dernier grâce à une absorption accrue de carbone par les plantes et les sols. En ce sens, la replantation de haies est nécessaire. Les auteurs soulignent par ailleurs les initiatives de sobriété énergétique d’agriculteurs avec, par exemple, l’utilisation de serres bioclimatiques et la production de gaz renouvelable par méthanisation. 

Et l’agriculture ne se limite pas à la terre. La région occupe la première place en matière d’aquaculture, comme le rappelle le GREC. Une pratique qui, pour l’heure, est loin de répondre au « triple impératif de nourrir l’humanité, préserver le climat et la biodiversité ». Mais qui pourrait devenir « régénératrice et réparatrice » à condition d’innovations significatives, notamment dans l’alimentation des poissons. 

De la terre à l’assiette, les cantines scolaires ont un rôle clé dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, selon le GREC. En favorisant plus de produits végétaux et moins de viande rouge, ces cantines peuvent sensibiliser à une alimentation saine et contribuer à réduire les disparités alimentaires et de santé. Dans une région où 17 % de la population est touchée par la pauvreté et où la demande d’aide alimentaire est forte.

V.B., B.B.
édité par Estelle Fierling

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