Cannes, l’exposition Aznavour par Roger Kasparian

À Cannes, l’exposition Aznavour a mis en lumière le chanteur à travers l’objectif de Roger Kasparian. Du 8 au 30 janvier 2025, l’Espace Miramar accueillait des clichés intimes et iconiques de l’artiste. Une exposition qui montre les liens forts entre les deux hommes et l’Arménie.

Lors d’une exposition Aznavour au Koweït, Lydia Kasparian, (fille du photographe) n’avait pas eu l’autorisation d’utiliser ce cliché, jugé « inadapté ». Photo Emilie Moritz

« Chaque photo a son intérêt, sinon on ne la met pas », explique Lydia Kasparian, fille de Roger Kasparian, décédé il y a un an. « Mon père a voulu montrer toutes les facettes de l’artiste, on voit l’Aznavour businessman, Aznavour avec sa famille et Aznavour sur scène », raconte-t-elle tout en replaçant un cadre. Depuis 2024, année marquant le centenaire de la naissance d’Aznavour, Lydia Kasparian présente les œuvres de son père partout dans le monde. « Je suis allée au Koweït, à New-York et en Arménie, chaque exposition est différente en fonction du pays. » 

« 100 % français 100 % arménien »

Contre le mur, prônent des photos du chanteur en famille. « Mon père et Aznavour étaient très proches, c’est pour cela que sont exposées des photos plus personnelles de l’artiste. Les deux hommes sont unis par un passé commun. » « Je retrouve la biographie de mon père dans cette exposition. Les Arméniens de cette génération ont à peu près tous le même parcours. Nos parents sont des rescapés du génocide », explique Lydia entre deux consignes au personnel chargé d’entreposer les photographies. « Ils ont tous les deux gardé des liens extrêmement forts avec leur aménité tout en étant extrêmement intégrés en France. Comme disait Aznavour, 100 % français 100 % arméniens. » Yasmine Yardimian, présidente de l’Union des Arméniens de Cannes rajoute : « les deux hommes sont liés à jamais. Roger Kasparian est mort en Géorgie dans la ville de naissance de Misha Aznavourian (père du chanteur) ». 

Cannes comme une évidence

À Cannes, Charles Aznavour n’était pas qu’un simple visiteur. Dans son enfance, il y descendait régulièrement avec sa famille. Yasmine Alfieri-Yardimian se souvient : « le père de Charles Aznavour venait déjà ici, pour des pique-niques avec l’association. » En 2002, il inaugurait une stèle sur la Croisette, en hommage aux victimes du génocide arménien de 1915 et aux combattants arméniens morts pour la France. En 2022, la ville a baptisé une allée au nom de Charles Aznavour, menant directement à la stèle. En 2005, Cannes le nomme citoyen d’honneur. Et après sa disparition en 2018, la ville organise un concert commémoratif. Roger Kasparian, résident saisonnier, a lui aussi tissé des liens forts avec Cannes, où il a présenté de nombreuses expositions tout au long de sa vie. Le vernissage, ce jeudi 9 janvier à 18 heures 30, sera accompagnés par des musiciens reprenant les plus grands airs d’Aznavour. « La musique va flotter sur les photos de Charles Aznavour, il sera un peu avec nous à ce vernissage », confie Yasmine. 

Oscar MASSY et Emilie MORITZ

édité par Margot LEMOINE

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