“À bientôt de te revoir” à Canneseries : à travers sa délocalisation, comment le podcast à succès construit un lien avec son public

Présente à Canneseries les 25 et 26 avril 2026, l’équipe du podcast “À bientôt de te revoir” dévoile les coulisses d’un format qui cartonne. En quittant provisoirement Paris, l’équipe du podcast à succès porté par Sophie-Marie Larrouy tente de construire une forme de proximité avec les auditeurs.

Marie-Sophie Larrouy anime son podcast « À bientôt de te revoir » avec comme invité Éric Judor à l’occasion de Canneseries, samedi 25 avril 2026.

Il suffit de quelques secondes pour capter l’aura qui émane de ce trio. Dans les coulisses de la préparation du podcast « À bientôt de te revoir », pas de rapports hiérarchiques rigides, mais l’énergie électrique d’une bande de copines. Pourtant, derrière cette forme de « déconnade apparente », se cache une machine bien huilée et un rythme de production assez impressionnant : Sophie Marie Larrouy et ses deux acolytes ont déjà derrière elles près de 200 épisodes de l’émission.

Un podcast à succès

Un chiffre qui illustre le succès de ce podcast : lancé en 2018 et cumulant 400 000 auditeurs mensuels, cette émission d’échanges légers, avec à chaque fois une nouvelle personnalité invitée, a récemment été sacré « coup de cœur Spotify de l’année ». Derrière cette mécanique bien huilée, on retrouve la comédienne et journaliste Sophie-Marie Larrouy, qui anime et dirige sa structure.

À ses côtés, Antonia Louveau orchestre les réseaux sociaux tandis que Laura Laarman assure la direction de production. « On mutualise pas mal les choses », glisse cette dernière. Une organisation fluide, presque artisanale dans l’esprit, mais industrielle dans le rythme : deux épisodes par semaine, entre les rencontres avec des invités et les formats solos de Sophie-Marie.

Une stratégie digitale adaptée à l’air du temps

Face à un tel rythme de production, la présence sur les réseaux sociaux est devenue essentielle. « À la toute base, on fait une espèce de stratégie, une planification, un calendrier édito », détaille Antonia Louveau.  « Il faut faire passer un maximum d’extraits pour éviter que les auditeurs passent à côté d’une nouvelle sortie ».

Ce travail permet à la fois de fidéliser une communauté déjà très engagée et d’en attirer une nouvelle. « On a des gens qui sont là depuis le début, qui sont hyper fidèles », souligne Laura Laarman. Les formats courts jouent ici un rôle clé : « le fait que ce soit filmé par moment […] permet de toucher un autre public via les invités ». Résultat, grâce à l’algorithme des réseaux sociaux, certains découvrent le podcast presque par hasard et « ont envie d’aller l’écouter« .

Au-delà de la promotion, ces plateformes deviennent aussi un espace d’échange direct. « C’est une manière aussi d’être en lien avec les gens », insiste la community manager Antonia, évoquant des retours qui renforcent leur motivation. 

Car au-delà des chiffres, c’est le lien humain qui prime. Racheté à Binge Audio par sa créatrice en 2023, le podcast a été relancé en public au printemps 2025 au MK2 Bibliothèque à Paris. Désormais, l’enregistrement devient un spectacle, à l’image d’un stand-up ou d’une pièce de théâtre, où l’on vient chercher une émotion brute. 

« À bientôt de te revoir », un format qui se veut libre et authentique 

La programmation du podcast revendique une grande liberté. « Ce n’est pas tant les invités qui font la ligne éditoriale, c’est les questions que Sophie pose », explique Laura Laarman. Le casting reflète cette diversité : « ça peut aller d’une auteure de BD à une meuf qui fait des recettes sur Instagram, à Benoît Hamon ». sourit la chargée des réseaux sociaux de l’émission.

Cette ouverture à tous types de profils permettrait d’assurer un renouvellement des discussions et d’éviter toute routine. Et malgré la bonne humeur et les nombreux épisodes au compteur, le trac est encore là à chaque fois, d’après l’animatrice.

Sortir de Paris pour faire évoluer le podcast

La présence de “A bientôt de te revoir” pour la deuxième année consécutive à Canneseries s’inscrit dans une volonté plus large : développer le podcast au-delà de la capitale. « On a envie de s’exporter hors de Paris », affirme Laura, forte du succès rencontré lors d’un enregistrement à Strasbourg.

“Nous on est trop contents, on est un peu comme en colonie de vacances, on est ici à un festival, on est bien accueillis, on un petit déjeuner d’hôtel merveilleux, c’est des petites trucs informels mais qui comptent quand tu es en déplacement professionnel”, s’enthousiasme Sophie-Marie Larrouy.

Mais il n’y a pas que le plaisir : ces déplacements sont aussi l’occasion de repenser le format. « Ça permet de se demander ce qu’on peut proposer en termes de contenu hors de nos murs », explique Antonia Louveau. Travailler dans des conditions différentes, parfois « un peu plus en flux tendu », pousse l’équipe à innover.

Dans ce contexte, Canneseries apparaît comme un terrain d’expérimentation. « C’est vraiment cool de pouvoir travailler comme ça », confie Laura. L’enjeu est simple : proposer une expérience de qualité au public, « il faut que les gens en aient pour leur temps et leur argent ».

Une exigence qui se traduit par des échanges sans tabou, où des personnalités comme l’humoriste Eric Judor ou le rappeur Oxmo Puccino, présents dans les deux épisodes du podcast spécial Canneséries, se livrent à des confidences parfois délirantes.

Une fois le micro coupé et le travail accompli, les trois collègues peuvent enfin savourer. Direction la Croisette, sous le soleil azuréen, pour une glace bien méritée. Loin du stress des studios parisiens, elles croquent la vie dans le cornet, avec la satisfaction d’avoir, une fois de plus, créé ce lien si particulier qui fait le sel de « À bientôt de te revoir ».

Mathis THOMAS & Robin BERNARD

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